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vibrer de peur et de plaisir


L’attraction « Taiga », installée en Finlande, au parc Linnanmäki.

ARTE – JEUDI 28 AVRIL À 22 H 50 – DOCUMENTAIRE

Si les montagnes russes sont aussi populaires, c’est sans doute parce que l’être humain adore jouer à se faire peur. Il existe actuellement quelque 13 700 circuits disséminés dans le monde entier. Ce documentaire, riche en témoignages d’ingénieurs, de neuroscientifiques, de concepteurs de circuits et d’amateurs de sensations fortes, retrace la longue histoire de ce divertissement si particulier.

Chaque année, parcs d’attractions et fêtes foraines voient se bousculer deux milliards d’individus prêts parfois à attendre des heures pour s’envoyer en l’air sur des installations de plus en plus sophistiquées. Force centrifuge extrême, accélérations, loopings, spirales, virages impressionnants… Le risque d’accident, s’il reste rare, n’empêche pas la quête d’émotions, du plaisir d’avoir peur. Les réactions chimiques du cerveau face à un danger contrôlé ont été étudiées, souligne la scientifique Meryl Malezieux, de l’Institut Max-Planck, à Munich, où elle décrypte les mécanismes cérébraux qui font « vibrer de peur et de plaisir ».

« Montagnes américaines »

A l’origine, des habitants de Saint-Pétersbourg, au lendemain des guerres napoléoniennes, aspergent d’eau des structures en bois, qui, sous l’effet du gel, deviennent des patinoires pentues ; en Pennsylvanie (Etats-Unis), des mineurs inventent une attraction similaire en acheminant le charbon dans des wagons qui dévalent la montagne. Dans l’Empire tsariste, les premières montagnes russes seront appelées « montagnes américaines »… En 1897 seront bâties, à Coney Island (New York), les installations rudimentaires du premier parc d’attractions au monde.

Depuis, c’est une course sans fin, des deux côtés de l’Atlantique. Selon le documentaire, le premier looping daterait de 1846. En 1989, le Parc Astérix propose un circuit de sept loopings, et, en 2013, une montagne russe anglaise en aligne quatorze ! Une attraction du New Jersey ouvre en 2005 le circuit le plus haut (128 mètres) et le plus rapide (200 km/h) au monde. Record battu en 2010 à Abou Dhabi avec 133 mètres de haut et des pointes à 240 km/h !

Werner Stengel, ingénieur allemand de génie, est à l’origine des circuits modernes grâce notamment à ses calculs mathématiques complexes qui ont permis de défier les lois de la physique. Il est également l’inventeur du premier looping moderne, inauguré en Californie en 1975.

Quant à Daniel Schoppen, autre ingénieur de haut niveau, son métier consiste à concevoir des montagnes russes de plus en plus spectaculaires. Comme celle baptisée « Taiga », installée en Finlande, au parc Linnanmäki, et conçue « comme une composition musicale, avec ses passages rapides et lents. Et cette bosse que l’on franchit tête en bas ». Une attraction à la hauteur des attentes les plus exigeantes, à en juger par les émotions particulièrement fortes ressenties par Anita et Bruno, un couple qui consacre ses week-ends et ses vacances à tester les montagnes russes à travers le monde : ils en sont à près de 2 500 !

Montagnes russes, le grand frisson de Rosi Bundz (All., 2021, 52 min). Arte



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