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Un tribunal russe condamne Google à une amende de 87 millions d’euros


Logo de la firme américaine Google, condamnée le 24 décembre 2021 à une amende de 87 millions d’euros par un tribunal russe.

En Russie, un tribunal a condamné Google, vendredi 24 décembre, à une amende record de 7,2 milliards de roubles (environ 87 millions d’euros) pour n’avoir pas supprimé des contenus « interdits ». Dans un communiqué sur son compte Telegram, le service de presse des tribunaux de Moscou a précisé que Google avait été reconnu coupable de « récidive », car la société américaine n’avait pas supprimé de ses plateformes des contenus jugés illégaux.

Dans le cas de Google comme dans celui d’autres réseaux sociaux qui font l’objet de diverses poursuites en Russie, les autorités mettent en avant des problèmes liés à des contenus ayant trait à la drogue, à la pédopornographie ou relevant de l’« appel au suicide ». Vladimir Poutine a ainsi mentionné ces thèmes à plusieurs reprises, faisant de la lutte contre les réseaux sociaux un enjeu de protection de l’enfance – en mars, il s’était emporté contre « les bâtards qui poussent les enfants à se suicider ».

Mais cette présentation ne correspond pas à la réalité. La version russophone de la BBC a ainsi étudié le détail de toutes les réclamations des autorités étudiées par la justice russe depuis le début de l’année 2021. De ce travail, publié le 21 décembre, il ressort que ces contenus représentent une part infime des requêtes. Ce sont les contenus ayant trait à Alexeï Navalny ou à des appels à manifester qui dominent : dans le cas de YouTube, propriété de Google, ce sont la moitié des cas ; dans celui de Facebook, la quasi-intégralité.

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Projet d’un « Internet souverain »

En septembre, juste avant des élections législatives, Moscou avait ainsi contraint Apple et Google, accusés d’« ingérence électorale », à retirer de leurs magasins virtuels l’application de M. Navalny. Les autorités avaient menacé d’arrêter des employés de ces sociétés en Russie si elles ne coopéraient pas, selon des sources internes à ces groupes. La Russie a également bloqué plusieurs sites liés à M. Navalny, dont les organisations ont été reconnues comme « extrémistes » par la justice russe.

En septembre, le gendarme des télécoms russes (Roskomnadzor) a également annoncé avoir bloqué six logiciels très utilisés de réseaux privés virtuels (VPN) permettant d’avoir accès au nombre grandissant de sites Internet interdits en Russie. Les autorités développent aussi un système controversé d’« Internet souverain » qui donnera à terme la possibilité d’isoler le Net russe en le séparant des grands serveurs mondiaux. Le Kremlin nie vouloir bâtir un réseau national sous contrôle, comme c’est le cas en Chine, mais c’est ce que craignent ONG et opposants.

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Le pouvoir russe renforce enfin de façon grandissante sa main mise sur les champions du numérique russe. Passé sous le contrôle d’une filiale du géant gazier Gazprom, le groupe de tech russe VK, maison mère du premier réseau social de Russie, VKontakte, a annoncé ainsi à la mi-décembre la nomination comme président-directeur général (PDG) de Vladimir Kirienko, fils d’un proche collaborateur du président Vladimir Poutine.

Le Monde avec AFP



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