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tensions et négociations entre QMM et les riverains de Fort Dauphin,



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L’exploitation d’ilménite effectuée par l’entreprise QMM, filiale de l’entreprise Rio Tinto et détenue à 20% par l’État malgache, est une nouvelle fois au coeur de la polémique : à la mi-février, le bassin d’eaux usées de l’usine se serait déversé dans le cours d’eau qui longe plusieurs villages voisins. Un incident qui a conduit à cette semaine de pourparlers entre QMM et les riverains, et à des barrages d’axe routiers par ces derniers qui s’estiment lésés. 

Avec notre correspondante à Antananarivo, Laure Verneau

« Les barrages des grévistes ont été démantelés vendredi, les forces de l’ordre ont négocié pendant deux heures pour les convaincre d’arrêter de bloquer la route »explique Jocelyn Raharimbola, le gouverneur de la région Anosy, au sud-est de Madagascar, où est implantée l’usine QMM. Cette semaine de négociations entre les villageois et les représentants de l’usine a été modérée par le gouvernorat.

Mais dans la nuit de mercredi, les communautés de villageois, entre 700 et 800 personnes, ont barré la route, ce qui a empêché les employés de l’usine de rentrer chez eux. « Les représentants de QMM ont alors quitté la table des négociations, estimant que le cadre n’était pas assez serein. » Les négociations reprendront mercredi 4 mai, précise Jocelyn Raharimbola.

Sur quoi ces négociations portent-elles exactement ? « L’installation de QMM nous porte préjudice », détaille quant à lui Bonaventure Razanadahy, habitant de Fort-Dauphin et président d’une association de notables de la région. « Cela fait un mois que nous faisons des sit-in réguliers pour demander de l’eau potable et des analyses d’eau digne de ce nom », tempête celui pour qui l’entreprise a pollué l’estuaire avec son bassin d’eau usée. Selon des témoignages d’habitants sur place, des poissons morts ont été retrouvés aux alentours quelques jours après l’incident.

Indemnisations, travail et eau potable au centre des négociations

« Les négociations portent sur trois axes », renchérit Eugène Chrétien, ex-employé de QMM et leader du mouvement gréviste. D’abord, la juste rémunération : certains riverains n’ont pas été indemnisés pour leur expropriation, quand d’autres l’ont été très faiblement, 100 ariary le m2. Ensuite, les pêcheurs, les usufruitiers ne peuvent plus travailler correctement depuis que QMM est là : il n’y a plus de forêts, et les poissons ont disparu de l’estuaire. On veut du travail. Troisièmement, on veut un approvisionnement en eau potable, car le déversoir a pollué l’eau que nous buvons. » La plupart des revendications ne datent pas d’hier.

QMM estime quant à elle avoir indemnisé suffisamment les riverains et « s’étonne que les villageois réclament plus », indique une source qui préfère rester anonyme. Dans plusieurs communiqués, l’entreprise s’est aussi toujours défendue des accusations de destruction environnementale.

« C’est 1,5 million de m3 d’eaux usées qui ont été déversés par l’entreprise en mars, pointe pour sa part Ketakandriana Rafitoson, la directrice internationale de Transparency International. En 2018, des faits similaires s’étaient produits. À aucun moment les populations n’ont été consultées. C’est une grosse compagnie qui se revendique “clean”, elle devrait avoir une charte d’atténuation des risques plus claires. »



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