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Rencontre avec Sacha, 24 ans, community manager de l’un des meilleurs lycées américains | NBA


« Sierra Canyon, le lycée de Bronny James, on leur colle 20 points facile ! Oak Hill, on les mange ! » Ne comptez pas sur Sacha Serrano pour douter du potentiel de « son » équipe. Ce Français de 24 ans, originaire du sud de l’Hexagone, travaille pour la « Combine Academy ». Situé à Lincolnton, à une soixantaine de kilomètres au nord-ouest de Charlotte (Caroline du Nord), l’établissement a été fondé il y a dizaine d’années par un ancien joueur bien connu du circuit NBA, Trevor Booker (2010-2018). Sa structure est déjà considérée comme l’un des meilleurs lycées du pays. ESPN l’intègre par exemple dans son Top 15.

Là-bas, Sacha gère notamment les réseaux sociaux (Instagram et Tik Tok) de l’équipe. À ses débuts, il y a quelques années, leur Insta planchait à quelques milliers d’abonnés. Aujourd’hui, ils sont près de 30 000 à suivre ces très jeunes vedettes. L’émergence du « prospect » Robert Dillingham (déjà 150 000 abonnés !) a beaucoup joué.

Ce meneur de 17 ans, élu MVP du championnat U16 de FIBA Americas (2021), a fait les beaux jours de « Combine » avant de rejoindre la « Donda Academy », l’école californienne lancée par Kanye West. Très haut classé parmi les joueurs « cinq étoiles », il s’est récemment engagé avec l’université NC State et se dirige tout droit vers la NBA. « Il est en train de tout détruire », décrit Sacha, qui estime que trois joueurs de l’équipe actuelle, dont Jayden Epps, sont promis eux aussi à la grande ligue.

Le grand écart avec la France

« Il y a une telle intensité, une telle densité physique… Les gens se rendent pas compte de ce niveau-là. C’est vraiment un autre monde par rapport à la France. Je n’aurais pas pu y jouer », reconnaît le Français qui a pourtant connu lui-même un beau parcours basket. En 2016, il évolue en N3 au Mauguio basket (Hérault) avant d’intégrer l’équipe espoir du Toulouse Basket Club dans l’optique de jouer avec la N1.

Entre les deux, grâce à l’obtention d’une bourse sportive, l’ancien étudiant en Staps migre une première fois vers la « Combine Academy », alors à Atlanta, où il est coaché par l’ancien international français, Karim Souchu. Malgré son anglais encore balbutiant, et ses difficultés à… se nourrir correctement, le Français est impressionné par le cadre basket dans lequel il évolue, notamment en termes d’infrastructures. « Cinq mondes d’écart avec la France. »

De retour dans son sud de la France natal, il se lance dans un BTS Support à l’action managériale. Son stage ? Il le fera là où il a déjà ses contacts, à savoir à la « Combine », en Caroline du Nord, avec pour mission de promouvoir l’établissement sur les réseaux sociaux ainsi que de créer une base de données pour faciliter le recrutement de joueurs.

Depuis, il a mis de côté son projet de basketteur pour vivre au rythme de ceux, plus jeunes que lui, dont il doit assurer la promotion sur les réseaux. « Les gens sont très curieux de voir ce qu’ils font, leurs hobbys. Les joueurs NBA voyagent beaucoup, les lycéens vont encore à l’école, ils mangent ensemble. » L’idée est toutefois de les suivre « comme si c’était une équipe pro ».

Déjà soigner sa présence sur les réseaux

Sacha se dit proche des joueurs, avec lesquels il vit sur le même campus et partage aussi le cuir, n’hésite pas à les conseiller à la manière d’un « grand frère ». « Mettez pas ça comme photo les gars ! Même une connerie. Vingt ans après, il y aura toujours quelqu’un pour ressortir un vieux message genre ‘F**k les Lakers’. »

L’attention portée sur eux est déjà importante, d’autant qu’il est fréquent que des joueurs NBA, ou retraités, s’invitent en tribunes. Le Français cite en exemple le joueur des Hornets Miles Bridges, Carmelo Anthony, Allen Iverson ou encore Rasheed Wallace. « T’as 17 ans et tu joues devant des joueurs NBA ! »

Malgré ce début de « star system » entourant ces jeunes, le Français estime qu’ils gardent la tête sur les épaules. « Ils sont très humbles contrairement à l’image type du lycéen arrogant. Jamais en retard, ils ne font pas les stars, pas du tout dans le trashtalking. Ce sont des bosseurs. Pour Thanksgiving, ils ont en plusieurs jours en famille mais ils sont quand même revenus s’entraîner. » La tentation des à-côtés reste faible à Lincolnton, une ville d’environ seulement 10 000 habitants.

Pour les recadrer, ils peuvent compter sur leur coach, Jeff McInnis, l’ancien meneur des Clippers, des Blazers ou des Hornets (version Bobcats à l’époque) voisins. « Ici, c’est une légende », qualifie Sacha. Il a réussi à imposer sa philosophie. Il aime transmettre son expérience NBA aux joueurs. Il leur raconte : ‘Si tu ne joues pas bien, t’es ‘cut’ direct’. » Un ancien joueur NBA « accessible », tout comme Trevor Booker qui vient régulièrement sur place pour des séances de musculation ou de tirs.

Sacha se considère comme un pont entre le coach de 47 ans et ces lycéens. Souvent placé ligne de fond pour filmer, il peut voir des choses que les autres ne voient pas ou qui n’auraient pas été intégrées au « scouting » d’avant match. « Pour eux, je suis dans le staff. » Pour autant, l’idée d’une carrière en tant qu’assistant coach par exemple n’est pas dans les plans de Sacha. « Pas trop mon délire. Je m’intéresse plutôt à tout ce qui est attaché à l’image d’une équipe ou d’un joueur. »

Ne sachant pas encore de quoi son avenir à « Combine » sera fait, il s’imagine à terme pouvoir gérer les réseaux d’une équipe européenne, dont les clubs français comme l’Asvel ou Monaco. « Mon rêve serait d’être CM dans une équipe NBA. » En attendant, Sacha se concentre sur l’objectif de remporter une seconde année de suite le championnat d’État. Et de « tout donner pour que ces gamins-là réussissent ».





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