Politics

Quand Londres voulait sa tour Eiffel


D’ennemies mortelles à concurrentes amicales, la France, l’Angleterre et leurs capitales respectives ont entretenu une certaine rivalité. Naturellement, donc, à la fin du XIXe siècle, alors qu’une gigantesque tour métallique récemment dressée au cœur de Paris devient une attraction touristique populaire, Londres veut faire mieux.

Edward Watkins, un homme politique et magnat du rail britannique décide de tout faire pour construire une rivale à la tour parisienne. Après avoir démarché Gustave Eiffel lui-même et essuyé un patriotique refus, Watkins lance un appel d’offres international.

Soixante-huit projets s’affrontent alors pour concevoir la plus haute structure construite par l’homme de tout l’Empire britannique. Dont un certain nombre d’idées farfelues, raconte CNN, comme une tour de 609 mètres parcourue de bas en haut par une voie ferrée en spirale, ou une «colonie aérienne» surmontée d’une reproduction de la pyramide de Khéops.

La tour avortée

Les projets plus réalistes reproduisent dans les grandes lignes l’architecture tout en poutrelles métalliques de la tour Eiffel. Parmi eux, celui des grands gagnants, les architectes londoniens Stewart, McLaren et Dunn. Leur version de la Tour Watkins mesure 365 mètres, quelques dizaines de plus que sa cousine parisienne.

La structure devait s’élever à Wembley, à l’emplacement exact du stade que l’on connaît aujourd’hui. L’endroit était stratégique pour Watkins, qui venait de lancer le Metropolitan Railway, ancêtre du métro de Londres. L’attraction avait le potentiel pour attirer les Londoniens vers le hameau rural qu’était alors Wembley, et donc emprunter son nouveau train.

Mais après le lancement des travaux en 1892 et la construction du premier étage, «il est devenu clair que la construction s’affaissait» explique à CNN Christopher Costelloe, un inspecteur des monuments historiques. Les travaux s’arrêtent donc et seul le premier étage reste ouvert au public.

Inscrivez-vous à la newsletter de SlateInscrivez-vous à la newsletter de Slate

En 1901, lorsque Watkins décède, c’est le projet entier qui tombe à l’eau et la portion restante de la tour avortée est dynamitée. Jusque récemment, un pub attenant baptisé Watkin’s Folly portait encore la mémoire du projet, mais il a fermé définitivement en 2019.



Source link

Leave a Reply

Your email address will not be published.

close