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«On n’est pas dans un film, je ne suis pas une icône, l’Ukraine en est une»


Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accordé mardi un entretient à Reuters et CNN. Il a de nouveau appelé à l’arrêt de l’invasion russe et au soutien du monde entier.

Depuis le début de l’invasion russe en Ukraine, jeudi dernier, un homme se démarque : le président Volodymyr Zelensky . Ancien acteur et comique, celui qui a été élu à la tête de l’Ukraine est salué pour son courage . Alors que plusieurs pays ont proposé de l’exfiltrer, craignant pour sa sécurité, lui a catégoriquement refusé de partir et de fuir. Dans une interview accordée à CNN et Reuters mardi, il a cependant dit ne pas vouloir de cette image « d’icône» qu’on lui donne dernièrement. «Tout ça est très sérieux, ce n’est pas un film… je ne suis pas une icône, je crois que c’est l’Ukraine qui en est une», a-t-il déclaré.

Chef d’Etat et chef de guerre, Volodymyr Zelensky a demandé une nouvelle fois la fin des opérations militaires russes et le soutien du reste du monde. Il a affirmé que la Russie cible bel et bien des zones civils et historiques, alors que Vladimir Poutine affirme que ce sont les Ukrainiens qui se servent des civils comme boucliers humains. «Comme vous pouvez le voir, ils ne font pas attention aux cibles. Nous voyons des enfants être tués… Nous ne faisons que défendre notre droit de vivre», a commenté le président Zelensky, expliquant que Moscou «lance ses missiles dans le vieux Kiev, le cœur de Kiev». «Nous devons parler. Tout le monde doit arrêter de combattre et retourner à l’état dans lequel nous étions il y a 5 ou 6 jours. C’est important d’arrêter de bombarder le peuple afin que nous puissions avancer et nous assoir à la table des négociations», a-t-il commenté, restant perplexe sur la possibilité de trouver un accord avec la Russie.

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Au cours de cet entretien, Volodymyr Zelensky s’est aussi adressé au président américain Joe Biden, qui devait quelques heures plus tard d’exprimer devant le Congrès mardi . D’après lui, il est urgent de faire comprendre aux Américains les implications de l’invasion russe. «Il est l’un des dirigeants du monde et il est très important que le peuple des États-Unis comprenne que malgré le fait que la guerre soit en Ukraine… c’est une guerre pour les valeurs de la démocratie, la liberté». Lors de son discours, Joe Biden a qualifié Vladimir Poutine de dictateur, estimant qu’il est «plus isolé que jamais».

“Seuls contre la Russie, nous n’y parviendrons pas”

Auprès de Reuters et CNN Volodymyr Zelensky a réitéré les appels aux États-Unis et à l’OTAN visant à établir une zone d’exclusion aérienne au-dessus de l’Ukraine. «J’ai déjà adressé et (parlé) à certains dirigeants occidentaux à propos de cette demande, car je crois que les dirigeants doivent soutenir les pays démocratiques et qu’ils doivent les aider. Lorsque nous parlons de (zones) d’interdiction de vol, nous regardons notre passé… et cela ne signifie pas que nous devons entraîner un autre pays dans la guerre. Cela dit, franchement, vous savez, tout le monde est entraîné dans la guerre maintenant». «J’ai parlé à Biden plusieurs fois. Et je leur ai dit à plusieurs reprises que l’Ukraine résistera et se battra plus fort que quiconque, mais seuls contre la Russie, nous n’y parviendrons pas. C’est pourquoi si quelqu’un veut nous aider, le monde doit agir rapidement», a encore expliqué le président ukrainien.

D’après lui, si l’OTAN échoue à protéger l’Ukraine, «alors toutes ces troupes seront à vos frontières, en Pologne, en Lituanie… et vous serez confrontés à de plus grands problèmes. Il y aura d’autres provocations là-bas». Ce dernier a par ailleurs souligné l’incroyable résistance de son peuple face aux soldats russes qui selon lui «n’ont aucune idée de ce qu’ils sont en train de faire, ils ne connaissent pas nos rues, notre population, notre philosophie, notre mentalité, nos aspirations, le genre de personnes que nous sommes, ils ne savent rien. Ils sont juste là pour tuer et mourir». Et de conclure avec des mots forts pour son pays, le «cœur de l’Europe». «Je crois qu’à présent, l’Europe voit en l’Ukraine quelque chose de spécial pour ce monde. C’est pour ça que le monde ne peut pas perdre ce “quelque chose de spécial”».

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