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Mino Raiola, l’agent de stars du football, est mort


L’agent des stars du football Mino Raiola, le 26 août 2010.

Son nom avait fini par devenir presque aussi célèbre que celui de ses clients. Mino Raiola est mort à 54 ans, a annoncé sa famille, samedi 30 avril, sur Twitter. « C’est avec une tristesse infinie que nous annonçons le décès de l’agent de joueurs le plus bienveillant et génial qui ait existé », ont écrit ses proches. Depuis une trentaine d’années, l’agent italien était devenu un des acteurs incontournables du marché des transferts dans le football.

Pour signer un Zlatan Ibrahimovic, un Paul Pogba, un Marco Verratti ou espérer débaucher la pépite norvégienne Erling Haaland, les présidents de club devaient composer avec Raiola, sa personnalité et ses manières. « Mino, c’est le genre de mec capable d’aller trinquer au salon VIP d’un match de Ligue des champions en short et claquettes », s’amusait son confrère Bruno Satin interrogé par Le Monde en 2014.

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« Il ressemblait à l’un des types de la série “Soprano” »

Zlatan Ibrahimovic raconte ainsi sa première rencontre avec son futur représentant au début des années 2000 : « La première fois que j’ai vu Mino, j’ai pensé que c’était une blague (…). Il ressemblait à l’un des types de la série Soprano, jean, tee-shirt Nike avec bide énorme », décrit le Suédois dans Moi, Zlatan Ibrahimovic (JC Lattès, 2013).

Le costume-cravate et l’entretien physique, très peu pour lui. Raiola laissait tout cela à Jorge Mendes, l’autre agent superstar. La trajectoire des deux hommes raconte pourtant la même histoire, celle de deux forts en gueule partis de pas grand-chose, pour devenir des personnages aussi incontournables que décriés du mercato, ce spectacle devenu permanent de l’économie des transferts.

A chacun sa légende. Mendes est ce propriétaire de boîte de nuit du nord du Portugal devenu le pygmalion de Cristiano Ronaldo. Mino Raiola était, lui, l’ancien pizzaïolo parlant sept langues et à la fortune personnelle estimée à 50 millions d’euros. Non sans quelques zones d’ombre. L’agent était ainsi impliqué dans le scandale des « Football Leaks », au milieu des années 2010, qui avait révélé des faits d’évasion fiscale dans le foot-business.

Né le 4 novembre 1967 à Nocera Inferiore (région de Campanie, en Italie), Carmine (son vrai prénom) n’a qu’un an quand ses parents s’installent à Haarlem aux Pays-Bas où le Ristorante Napoli de la famille Raiola trouve sa clientèle. S’il n’enfourne pas une seule pizza, Mino aide à la plonge, au service et met son nez dans les comptes. Il prend aussi le temps de discuter avec les dirigeants du FC Haarlem. « A un moment donné, ils lui ont simplement dit : puisque tu en sais tellement, pourquoi tu ne rejoindrais pas la direction ? », témoignait un journaliste local, Edwin Struis, auprès de l’Agence France-Presse en 2016.

Mais le jeune homme ne s’attarde pas longtemps comme directeur sportif d’un club trop modeste pour ses ambitions. En 1993, il place à l’Inter Milan deux des stars de l’Ajax Amsterdam, Dennis Bergkamp et Wim Jonk. Mino Raiola ne servira plus jamais de pizzas. Le résident monégasque depuis 1996 impose son style et ses méthodes. Il ne signe aucun contrat formel avec ses protégés et n’hésite pas – comme Mendes – à piquer des clients à ses confrères. Et, comme le Portugais, il exerce un pouvoir de fascination sur ses joueurs.

Pour les défendre, Raiola les met en valeur comme des tableaux (Zlatan est ainsi sa Joconde, Matthijs de Ligt sa Ronde de nuit de Rembrandt) et va au conflit pour défendre leurs intérêts et les siens. « Il n’est pas ami avec les patrons de clubs mais il l’est avec ses joueurs. Et dès qu’ils ont un problème, il va les voir », confiait un de ses confrères au Monde en 2014.

Outrances et négociations serrées

Toujours entre deux avions, l’homme cumule autant les miles que les déclarations tapageuses. De Pep Guardiola (alors entraîneur du FC Barcelone et fâché avec Ibrahimovic), il confie au Mirror tout son mépris. « En tant qu’entraîneur, il est fantastique, mais en tant que personne, c’est un zéro absolu, un chien, un lâche. » En 2012, il traite l’idole néerlandaise Johan Cruyff de « tête de nœud sénile », avant de s’excuser.

Cette même année, l’Italien place sa « Joconde » Ibrahimovic à Paris et devient l’agent privilégié des dirigeants du Paris-Saint-Germain. Quand le club parisien signe en juillet 2021 le gardien italien Gianluigi Donnarumma, au risque de fragiliser le titulaire du poste, Keylor Navas, certains y voient l’influence de Raiola sur le directeur sportif, Leonardo.

En 2016, Mino Raiola avait un temps fait de Paul Pogba le joueur le plus cher de l’histoire avec une arrivée estimée à 120 millions d’euros à Manchester United. Ces derniers mois, l’agent multipliait les déclarations et les pistes (comme celle du PSG) au sujet de l’avenir de son protégé, dont le jeu lui faisait penser aux créations de l’artiste Jean-Michel Basquiat.

Désormais, le monde du football devra vivre sans les outrances, les négociations serrées et les références artistiques de Carmine Raiola.





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