Politics

les sénateurs dénoncent l’insuffisance du Ségur de la santé


Des médecins soignent un patient atteint de Covid-19 à Strasbourg, en octobre 2020.

Avec un bouquet de quatre-vingts recommandations rendues publiques jeudi 31 mars, les sénateurs se penchent sur la crise de l’hôpital, mise en lumière et aggravée par deux années de crise sanitaire. Réduction du nombre de lits, pénurie d’infirmiers, fermetures de services d’urgences faute d’effectifs médicaux… A la demande du groupe Les Républicains, une commission d’enquête sur « la situation de l’hôpital et le système de santé en France » s’est constituée à l’automne 2021 et a auditionné, depuis décembre, des responsables médicaux et administratifs d’établissements, des médecins et soignants hospitaliers, des professionnels des soins de ville, ou encore des organismes publics et des élus locaux.

Si le rapport de 295 pages ne porte pas de préconisations fracassantes, il remet sur le devant de la scène un sujet désespérément absent des débats de la campagne présidentielle, au grand dam des soignants. Il pose un diagnostic et propose un ensemble de remèdes pour l’hôpital qui trouve désormais un large écho dans la classe politique.

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« Pour enrayer la spirale négative dans laquelle les établissements sont entraînés », la commission, présidée par le socialiste Bernard Jomier, et dont la sénatrice LR Catherine Deroche est rapporteuse, appelle à assurer un « financement durable et cohérent avec les besoins de santé », mais aussi à redonner « de la liberté et de l’autonomie aux équipes soignantes et aux établissements » et « de l’attractivité et du sens aux métiers du soin ».

Meilleures bases de données

Les sénateurs reviennent sur l’un des éléments déclencheurs de ce rapport : quid de la part de lits fermés à l’hôpital de manière récurrente, faute de personnels ? La publication du chiffre choc de 20 %, avancé dans un rapport du conseil scientifique du 5 octobre 2021, avait été contestée immédiatement par le ministre de la santé, Olivier Véran, qui avait brandi, quelques semaines plus tard en décembre, après enquête de la direction générale de l’offre de soins, le chiffre de 2 % de lits d’hospitalisation complète de moins qu’en 2019.

Rappelant la ribambelle de pourcentages très différents sur ces fermetures, les auteurs du rapport déplorent un « défaut de mesure et de suivi des réductions capacitaires et des pénuries en personnels » de la part de l’Etat, estimant que la situation n’a « que peu évolué » depuis le constat de la Cour de comptes de 2006. « Le ministère de la santé ne dispose pas d’informations fiables sur les effectifs et la répartition des personnels hospitaliers. L’opacité qui en résulte, conjuguée à la méconnaissance du temps de travail médical, ne permet pas une connaissance de l’offre de soins suffisamment précise pour orienter les décisions », écrivait alors l’institution de la rue Cambon.

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