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Les Républicains clament leur indépendance face à Emmanuel Macron ; Damien Abad et Philippe Juvin marquent leurs différences


Le président LR Christian Jacob, le 11 avril 2022, au siège du parti.

Une unanimité, moins deux. Fragilisés par leur score obtenu au premier tour de l’élection présidentielle – 4,8 % de voix en faveur de Valérie Pécresse -, Les Républicains (LR) se sont retrouvés mardi 26 avril au cours d’un conseil stratégique pour déterminer leur positionnement en vue des législatives. Avec une question : faut-il rejoindre le rassemblement prôné par Emmanuel Macron et souhaité par Nicolas Sarkozy, ou faut-il rester dans l’opposition ?

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Lors de cette réunion, une motion a été adoptée pour affirmer : « Notre famille politique porte sa propre voix » d’une « droite indépendante et populaire qui doit exister par elle-même ». « Nous refusons la logique du parti unique à la disposition du président de la République », ajoute ce texte adopté à l’unanimité, moins deux abstentions, celles du patron des députés LR, Damien Abad, et celle du maire de La Garenne-Colombes et candidat au Congrès à l’automne dernier, Philippe Juvin.

« Je crois que les partis de gouvernement doivent travailler ensemble », a affirmé M. Juvin à son arrivée au siège de LR, avant la tenue de ce comité stratégique. M. Abad, qui ne s’est pas exprimé, est, lui, soupçonné au sein du parti de vouloir coopérer avec le président réélu dimanche.

Le patron des députés LR, Damien Abad, à son arrivée au siège du parti, le 26 avril.

Mais mardi, le président du parti, Christian Jacob, s’est montré ferme à l’issue de la réunion. « Il n’y a pas de double appartenance, il n’y en aura jamais » et « on ne peut pas être Les Républicains et majorité présidentielle », a-t-il martelé devant la presse. Comme en 2017, les candidats LR aux législatives devront signer un « engagement » assurant qu’ils siégeront « dans un groupe [à l’Assemblée] qui est totalement indépendant » des macronistes.

LR restera « force de proposition », et « si des réformes vont dans le bon sens, notre groupe parlementaire saura prendre ses responsabilités et les voter », a ajouté M. Jacob. Mais « si elles n’y vont pas, nous serons dans l’opposition ».

« Courage »

Depuis le premier tour de la présidentielle, le parti reste divisé sur la stratégie à suivre. Le trésorier de LR, Daniel Fasquelle, avait plaidé la semaine dernière pour un soutien « exigeant et attentif » à Emmanuel Macron au regard « des mesures qu’il faudra prendre pour que la France se redresse », et afin de « rassembler le pays dans un projet ambitieux ».

Ce soutien « n’est pas un ralliement mais marque une volonté d’agir dans le dialogue avec le président de la République », a ensuite tenté de corriger M. Fasquelle. Mais les réactions n’avaient pas tardé. « S’il reste un peu d’énergie à Daniel Fasquelle, il pourra devenir trésorier du comité de la lèche à Emmanuel Macron », a lancé le numéro trois de LR, Aurélien Pradié, sur twitter. « S’il reste un peu de courage à Aurélien Pradier [sic] qu’il m’appelle plutôt que de m’insulter sur les réseaux sociaux », a répliqué le maire du Touquet. Réponse du secrétaire général de LR : « Non. Pas envie. Désolé. »

Le dernier président du parti de droite, Nicolas Sarkozy, avait également plaidé en faveur du rassemblement souhaité par Emmanuel Macron, durant l’entre-deux-tours. Selon lui, « une nouvelle époque s’annonce [qui] nécessitera des changements profonds » et de « sortir des habitudes et des réflexes partisans ». « La fidélité aux valeurs de la droite républicaine et à notre culture de gouvernement doit nous conduire à répondre à l’appel au rassemblement d’Emmanuel Macron en vue de l’élection présidentielle », avait-il affirmé dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux, le 12 avril. Cette prise de position avait été très critiquée chez une partie des Républicains, certains d’entre eux, comme le vice-président LR, Gilles Platret, estimant même que « c’est peut-être le moment où la droite républicaine va se séparer de Nicolas Sarkozy ».

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Le Monde avec AFP



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