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Les dépenses publiques ont continué d’augmenter sous le quinquennat Macron, malgré le Covid-19


Le mot « économies » est prononcé pas moins d’une dizaine de fois. Dans un entretien accordé aux Echos, en février 2017, le candidat Emmanuel Macron dévoilait une ambitieuse trajectoire de redressement des finances publiques s’inscrivant, déjà, dans un « nouveau modèle de croissance ».

« Le poids de la dépense publique devra être progressivement ramené vers la moyenne de la zone euro, expliquait celui qui était encore ministre de l’économie six mois plus tôt. Je prévois donc une baisse de trois points de la part des dépenses dans la richesse nationale. Cela représente 60 milliards d’économies par rapport au tendanciel. » Et de dérouler ses objectifs : outre les dizaines de milliards d’économies en rythme annuel, des dépenses publiques ramenées sous les 52 % du PIB en 2022, un déficit public réduit à 0,5 % du PIB, et 120 000 suppressions de postes dans la fonction publique.

A l’heure où le chef de l’Etat vient d’officialiser sa candidature pour un second mandat, et évoque dans une « lettre aux Français » les grandes lignes de son projet économique – « Il nous faudra travailler plus et poursuivre la baisse des impôts pesant sur le travail et la production » – le tableau est sensiblement différent.

Même sans tenir compte du Covid-19, qui a obligé le gouvernement à ouvrir grandes les vannes budgétaires, la cure d’amaigrissement annoncée n’a pas été aussi drastique que prévu. Hors dépenses d’urgence et de relance liées à la crise sanitaire, et hors charge de la dette, le niveau des dépenses publiques est supérieur de 60 milliards d’euros sur cinq ans à ce qui était prévu dans la loi de programmation des finances publiques pour la période 2018-2022, soit une augmentation de 5 %, pointe le rapport de la commission des finances du Sénat sur le projet de budget 2022.

« La même histoire à chaque fois »

Adoptée à l’automne 2017, la loi de programmation des finances publiques, qui fixe la trajectoire budgétaire sur cinq ans, prévoyait un rythme de réduction du déficit public de 0,3 point par an en moyenne. Mais l’exécutif a rapidement divergé.

Après des mesures d’économies en 2018 et 2019, notamment sur le logement (2,5 milliards d’euros d’économies sur la réforme des aides au logement) et sur le travail (près de 3 milliards tirés de la réduction du nombre de contrats aidés), il a dû mobiliser des sommes importantes pour faire face à la crise des « gilets jaunes » (une quinzaine de milliards d’euros de primes, revalorisations et baisses d’impôts en 2020), et renoncer à ses objectifs de croissance, de désendettement, de fiscalité verte et de réduction de déficit. « Jusqu’en 2019, les objectifs de la loi de programmation ont été respectés, et la France est sortie de la procédure pour déficit excessif en 2018 », rappelle le ministère du budget.

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