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Les accusations d’« agression raciste » diffusées en ligne après la chute d’une collégienne à Chambéry démenties par la justice


C’est une histoire qui débute par un incident peu avant les vacances scolaires : mercredi 15 décembre, une élève de 6e du collège Notre-Dame-du-Rocher, à Chambéry, est victime d’une grave chute contre un banc dans la cour de récréation. Le 16 décembre en début de soirée, sa mère publie sur Facebook un message assorti de photos de sa fille, Anna-Chloé, le visage tuméfié. Elle assure qu’elle « subit des violences verbales racistes et même physiques » au collège. Dans des messages vidéo diffusés depuis sur les réseaux sociaux, la mère d’Anna-Chloé martèle que cette chute n’est pas le fruit d’un accident. Sa fille aurait été « poussée ». Jeudi 16 décembre, elle a également déposé une plainte, pour « violences, injures racistes et harcèlement », confirme-t-elle au Monde.

Très vite, l’émotion s’empare des réseaux sociaux. Le message de la mère de la collégienne est partagé, repris, diffusé. Une cagnotte est lancée en ligne par la famille, et récolte 15 000 euros. Les coordonnées de l’établissement, situé dans le centre-ville de Chambéry, ainsi que celles du directeur – qui est élu municipal dans une commune voisine –, sont diffusées par des internautes. Ce dernier est menacé de mort, ce qui déclenche son placement sous protection de la gendarmerie.

Rapidement, des célébrités s’en mêlent : interpellé par des internautes, Cyril Hanouna, présentateur vedette de l’émission « Touche pas à mon poste », diffusée sur C8, assure, samedi 18 décembre, sur Twitter, qu’il se saisira de cette affaire après les fêtes. Assa Traoré, militante de la lutte contre les violences policières, partage également sur son compte Instagram un appel au rassemblement intitulé « Justice pour Chloé », qui s’est tenu, dimanche, place de la République à Paris.

« Frappée à deux reprises »

Devant l’ampleur prise par l’affaire, le procureur de Chambéry a communiqué, dimanche, après les auditions de plusieurs témoins par la police, en indiquant que la piste de l’agression était écartée. « Aucune situation de harcèlement raciste n’avait été antérieurement portée à la connaissance de l’établissement scolaire », confirme le procureur, Pierre-Yves Michau, au Monde. L’enfant, en retard à l’issue de la récréation, serait tombée « seule » sur le coin d’un banc en courant pour aller se mettre en rang. Le procureur précise également que « quand la mère est venue déposer plainte au commissariat au nom de sa fille, elle a déclaré ignorer si sa fille était tombée toute seule ou si elle avait été poussée, et elle a indiqué que sa fille elle-même ne pouvait pas le dire ».

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