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Le retour du duel Macron-Le Pen, le « scandale d’Etat » des cabinets de conseil… Les infos politiques du jour


Le Monde tient le carnet de bord de la campagne de l’élection présidentielle de 2022 : un point quotidien, publié à 19 heures, revient sur les faits politiques de la journée écoulée et aborde les rendez-vous à venir.

  • L’info du jour : la question du pouvoir d’achat, en tête des préoccupations, pourrait profiter à Marine Le Pen

2022, bis repetita de 2017 ? Cinq ans après le second tour opposant Emmanuel Macron et Marine Le Pen, l’histoire pourrait se répéter lors de cette élection présidentielle. S’il reste encore trois semaines de campagne, et autant de rebondissements possibles, c’est ce scénario qui semble se dessiner au vu de la septième vague de l’enquête publiée vendredi 18 mars et réalisée par Ipsos-Sopra Steria en partenariat avec le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof) et la Fondation Jean Jaurès pour Le Monde.

Retrouvez les résultats du sondage : Article réservé à nos abonnés les craintes sur le pouvoir d’achat pèsent sur les intentions de vote

Cinq ans après son débat raté de l’entre-deux-tours contre M. Macron, malgré les départs de plusieurs de ses soutiens – dont sa nièce Marion Maréchal, vers Eric Zemmour –, Mme Le Pen pourrait parvenir à conserver une base solide dans son électorat. La prépondérance du thème du pouvoir d’achat et des questions économiques et sociales dans les préoccupations des Français arrange la candidate du Rassemblement national (RN), qui en a justement fait l’un de ses axes majeurs pour cette campagne.

Marine Le Pen affirme avoir tiré les leçons de ses deux précédentes présidentielles. En 2012 et 2017, elle s’était essoufflée dans la dernière ligne droite. Cette fois-ci, ce n’est pas le cas. Mieux préparée qu’il y a cinq ans, la candidate du RN tente de tirer profit de la radicalité prônée par son concurrent d’extrême droite, Eric Zemmour. Mais Mme Le Pen devra réussir à mobiliser son électorat pour ce premier tour. Les catégories où la leader du RN est la plus forte sont aussi celles où les personnes interrogées sont les moins nombreuses à se déclarer certaines d’aller voter – soit 57 % pour les ouvriers, 58 % parmi les agriculteurs, 60 % parmi les employés.

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Elle a ainsi évoqué, ce vendredi matin sur France Inter, que « ce qui [l]’inquiète, c’est le niveau d’abstention qui pourrait intervenir ». « Une partie des Français ne croient plus en la politique – conséquence de trahisons multiples depuis une trentaine d’années des promesses qui ont été faites –, et une autre partie considère qu’il y a un fossé qui s’est créé entre les dirigeants et le peuple, regrette-t-elle. C’est ça que je veux recoudre. Dans une démocratie mature, il faut que les Français se sentent représentés. »

  • La citation du jour : Fabien Roussel dénonce un « scandale d’Etat » et un « scandale fiscal » après le rapport sénatorial sur les cabinets de conseil

« Je souhaite que la fraude fiscale soit au cœur de cette élection présidentielle. »

Gestion de la crise sanitaire, réformes des aides personnalisées au logement (APL), de la formation professionnelle, organisation de colloques : la commission d’enquête du Sénat sur le recours par l’Etat aux cabinets de conseil a dénoncé, dans son rapport publié jeudi 17 mars, le « phénomène tentaculaire » de leur présence dans la sphère publique. Les sénateurs révèlent également que le cabinet de conseil américain McKinsey n’a payé aucun impôt sur les sociétés en France depuis dix ans.

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Invité de Franceinfo vendredi matin, le candidat à la présidentielle et député communiste du Nord, Fabien Roussel, a lui aussi dénoncé « un scandale d’Etat » et un « scandale fiscal ». « Je souhaite que la fraude fiscale soit au cœur de cette élection présidentielle, que l’on s’attaque à ces multinationales qui payent 4 % à 5 % d’impôt, voire zéro, comme McKinsey, alors que nos PME ou nous, simples citoyens, nous devons payer rubis sur l’ongle », a-t-il poursuivi, proposant « le prélèvement à la source des bénéfices des multinationales ».

Il reproche notamment au gouvernement d’avoir versé près de 4 millions d’euros au cabinet McKinsey pour une mission de deux ans sur la réforme des APL. Cette mission n’empêcha pas l’apparition de bugs informatiques en série lors du déploiement de la réforme, au début de l’année 2021.

  • Le dessin de la semaine par Aurel
Aurel pour

Le dessinateur Aurel, habitué des colonnes du quotidien et de notre site Internet, s’invite dans la newsletter chaque vendredi pendant la campagne présidentielle. Cette semaine, retour sur l’annonce du programme d’Emmanuel Macron.

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  • Dans les archives du « Monde » : en 2017, les relations avec la Russie agitaient déjà les débats entre les candidats
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Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, la question des relations à tenir avec cette dernière est au cœur de la campagne présidentielle et met en lumière certaines lignes de fracture entre les candidats. Il y a cinq ans, déjà, la Russie agitait le débat entre les prétendants à l’Elysée.

« La guerre en Syrie et plus encore les relations avec la Russie sont les sujets les plus clivants au sein aussi bien de la gauche que de la droite et les plus révélateurs de la vision du monde des différents candidats », racontait dans un article le journaliste du Monde Marc Semo. La fin de campagne avait notamment été marquée par la visite de Marine Le Pen à Moscou pour y rencontrer Vladimir Poutine. Mais, avant cela, la candidate du Front national avait estimé, dans un discours prononcé à la fin du mois de février, que, selon elle, « la Russie est un élément décisif de l’équilibre des forces qui peut pacifier la mondialisation ».

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Pour Marc Semo, « le candidat du parti Les Républicains, François Fillon, dispute à Marine Le Pen la palme de l’impétrant le plus russophile ». L’ancien premier ministre s’était ainsi montré critique contre les sanctions visant la Russie après l’annexion de la Crimée. Pour lui, la priorité était alors la lutte contre « le totalitarisme islamique ». Cinq ans plus tard, la présence de M. Fillon dans les conseils d’administration de plusieurs groupes russes a d’ailleurs gêné sa successeure, Valérie Pécresse, avant qu’il n’annonce sa démission de tous ses mandats. Du côté d’Emmanuel Macron, le candidat d’En marche !, le ton se voulait très ferme. « La Russie de Vladimir Poutine mène une politique dangereuse qui n’hésite pas à s’affranchir du droit international », relevait son programme.

A gauche, Jean-Luc Mélenchon estimait en 2017 que « pour la France les Russes sont des partenaires, pas des ennemis. Jamais ! Quel que soit le régime politique qui est le leur. C’est la géopolitique qui commande ». Des citations qui lui reviennent aujourd’hui comme un boomerang à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie : le candidat « insoumis » est attaqué depuis plusieurs jours par Anne Hidalgo et Yannick Jadot pour sa « complaisance » envers M. Poutine.

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Au menu, ce week-end

Algérie. Le président de la République, Emmanuel Macron, conduit une cérémonie à l’Elysée pour le 60e anniversaire des accords d’Evian et du cessez-le-feu en Algérie. La maire de Paris et candidate socialiste à l’élection présidentielle, Anne Hidalgo, participera à une cérémonie d’hommage au cimetière du Père-Lachaise.

Tours de France. Après Nîmes et Toulouse, la candidate du parti Les Républicains, Valérie Pécresse, sera à Vannes, où elle rencontrera des professionnels de la pêche, avant de tenir une réunion publique. Marine Le Pen se rendra dans le Loiret puis dans l’Yonne.

Commémoration. Dix ans après les attentats de Toulouse et de Montauban, Emmanuel Macron se rendra sur place pour une cérémonie d’hommage, en présence, entre autres, du président de l’Etat d’Israël, Isaac Herzog, et des deux derniers chefs de l’Etat français, Nicolas Sarkozy et François Hollande.

VIe République. Jean-Luc Mélenchon va tenter d’amplifier sa dynamique de campagne lors d’une marche pour la VIe République à Paris, entre les places de la Bastille et de la République, à partir de 14 heures. Le candidat « insoumis » prendra ensuite la parole en milieu d’après-midi.

Vous pourrez suivre cet événement en direct sur Lemonde.fr avec un tchat à 13 heures en compagnie du sociologue Manuel Cervera-Marzal, auteur de Le Populisme de gauche. Sociologie de La France insoumise (La Découverte, 2021).



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