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La traque des oligarques russes passe aussi par Instagram


Trois semaines après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, des selfies postés sur Instagram montrant une jeune femme russe sur un yacht de luxe, et posant en bikini à côté d’une somptueuse piscine sont devenus viraux sur Twitter.

En seulement quelques jours, Polina Kovaleva –belle-fille non officielle du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov– a été interdite d’entrer au Royaume-Uni et tous ses avoirs ont été saisis.

Selon le Financial Times, la jeune femme aurait acheté un appartement de 4,4 millions de livres sterling (plus de 5 millions d’euros) dans le quartier d’élite de Kensington à Londres alors qu’elle était étudiante. Maria Pevchikh, responsable de l’enquête à la Fondation anticorruption de Navalny, a assuré sur Twitter que Polina Kovaleva avait un style de vie jet-set et qu’elle était en «vacances non-stop» entre des villas de luxe d’Autriche et de Sardaigne.

Dans la traque aux oligarques russes, après les sanctions décidées par l’Union européenne, les réseaux sociaux s’avèrent être un outil précieux. Des selfies de fiesta sur des yachts de luxe constituent par exemple des indices pour les enquêteurs. Dans plusieurs cas, des publications insouciantes sur Instagram ont fait exploser la meilleure défense des forteresses des oligarques: l’anonymat. Si les oligarques eux-mêmes utilisent rarement les réseaux sociaux pour s’exposer, ce n’est pas toujours le cas des gens qui font la fête avec eux. Pour les enquêteurs, ce sont des preuves en béton où les privilégiés sont facilement identifiables.


Le cas St. Princess Olga

Le cas du haut conseiller de Vladimir Poutine, Igor Setchine, représente un classique du genre. Son penchant pour le secret lui a valu le surnom de «Dark Vador» dans la presse russe et internationale, mais son ex-femme, elle, ne semble pas coutumière de la discrétion.

C’est son compte Instagram qui a permis aux enquêteurs de lier son ex-mari au méga-yacht Amore Vero, d’une valeur de 120 millions de dollars. Une enquête du Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP) et du journal indépendant Novaïa Gazeta a publié un rapport où figuraient des photos Instagram de sa deuxième femme, Olga.

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On la voit notamment en bikini posant sur un canapé très similaire à celui du yacht St. Princesse Olga –renommé Amore Vero depuis le divorce du couple. Et sur les autres clichés, de nombreux détails rappellaient le gigantesque bateau. À la suite de l’enquête, Igor Sechin et sa société Rosneft n’ont jamais confirmé qu’il était le propriétaire. Pourtant, cela n’a pas empêché la douane française de saisir le yacht à La Ciotat au début du mois de mars.



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