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la situation humanitaire s’aggrave, Moscou isolée à l’ONU


Au 23e jour de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, vendredi 18 mars, suivez les dernières informations disponibles en direct.

► Le site de la rédaction russe de RFI diffuse la radio publique ukrainienne (en langue ukrainienne) depuis la page d’accueil.

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Les points essentiels :

► Trois semaines après le début de la guerre, les lignes de front se sont stabilisées et les troupes russes tentent toujours d’encercler Kiev.

► Plus de 100 000 réfugiés se sont ajoutés en 24 heures aux trois millions de personnes qui ont déjà fui l’Ukraine depuis l’invasion de l’armée russe le 24 février, selon l’ONU, qui recense également environ deux millions de déplacés à l’intérieur du pays.

► Joe Biden a qualifié Vladimir Poutine de « criminel de guerre ». Le secrétaire d’Etat américain et le chef de la diplomatie de l’UE ont par la suite dénoncé jeudi les « crimes de guerre » commis par la Russie en Ukraine. Les ministres des Affaires étrangères du G7 ont par ailleurs averti que les auteurs de crimes de guerre en Ukraine devront « rendre des comptes » devant la justice internationale.

► Les autorités ukrainiennes accusent l’armée russe d’avoir bombardé le Théâtre dramatique de Marioupol, ville assiégée, alors que « plus d’un millier de personnes » y avaient trouvé refuge. Le bilan humain est encore indéterminé. Près de Kharkiv, 21 personnes ont été tuées lors d’une frappe jeudi.

Près de 700 civils ont été tués depuis le début de la guerre, et plus de 1 110 autres blessés, selon l’ONU. Ces chiffres étant très difficiles à vérifier, l’ONU insiste sur le fait que ses bilans quotidiens sont probablement très inférieurs à la réalité.


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03h : chassé croisé au Conseil de sécurité sur la situation humanitaire en Ukraine

Alors que le conflit fait rage sur le terrain, le Conseil de sécurité n’a pas réussi à s’entendre pour faire une déclaration commune sur les priorités de l’aide humanitaire en Ukraine. Après un chassé croisé entre pays Occidentaux et Russie ces derniers jours, c’est l’Assemblée générale des 193 pays qui devrait être appelée à voter sur la question, la semaine prochaine certainement, explique notre correspondante à New York, Carrie Nooten.

Emmanuel Macron voulait que le Conseil de sécurité se prononce fermement sur la gestion de l’humanitaire en Ukraine. Au bout de dix jours de négociations, la France et le Mexique, porteurs du texte, ont dû se résoudre: tant que la résolution demanderait « la cessation des hostilités », elle serait bloquée par un veto russe. Ils ont donc passé le dossier à l’Assemblée générale, pour un vote pas contraignant, mais bien plus symbolique qui devrait se dérouler la semaine prochaine.

Puis, la Russie a proposé son propre projet de texte – tel « un pompier pyromane », selon les Occidentaux : elle demandait la protection des civils, sans préciser que les bombardements étaient dûs à son armée. L’ambassadrice britannique Barbara Woodward a annoncé que la plupart des pays s’abstiendraient. « Pour nous ce texte russe est une décision cynique, ils jouent à un jeu dans un contexte de souffrance humaine extrême. Si le Conseil de sécurité adoptait ce texte, c’est comme s’il approuvait implicitement l’invasion russe – nous ne pouvons autoriser cela. »

Pour éviter de se montrer isolée, Moscou a fait marche arrière et retiré son texte du vote jeudi – et ce alors que le Conseil a fait l’état des situations sanitaire et psychologique des Ukrainiens et des 3 millions de réfugiés et 2 millions de déplacés internes. Sur les 89 attaques d’hôpitaux qui ont eu lieu dans le monde cette année, 43 ont eu lieu en Ukraine, depuis trois semaines.

02h30 : Joe Biden va s’entretenir avec Xi Jinping à propos de la situation en Ukraine

Selon la Maison Blanche, il s’agit de maintenir un canal de communication avec la Chine. C’est dire si la conversation ne s’annonce pas des plus chaleureuses, résume notre correspondant à Washington, Guillaume Naudin. Les Etats-Unis ne cachent pas qu’ils sont inquiets d’un éventuel soutien chinois à la Russie, qui adoucirait l’impact des sanctions occidentales contre Moscou. Le secrétaire d’Etat américain Anthony Blinken n’hésite pas à mettre clairement en garde les autorités de Pékin qui, dit-il, porteront une responsabilité pour tout acte visant à soutenir l’agression russe contre l’Ukraine. Et surtout, il ajoute que Washington n’hésitera pas à imposer des coûts à la Chine en cas d’assistance militaire directe à la Russie.

C’est l’avertissement le plus clair lancé par l’administration Biden à la Chine depuis le début de l’invasion Russe. Le ton ne fait d’ailleurs que monter depuis quelques jours. A l’issue d’une rencontre particulièrement tendue entre le conseiller à la sécurité nationale américain Jake Sullivan et le plus haut responsable diplomatique du parti communiste chinois Yang Jiechi, les Etats-Unis s’étaient déjà dits particulièrement préoccupés par un possible alignement de Pékin avec Moscou. En appelant Xi Jinping, Joe Biden va donc tenter de faire valoir que ses intérêts ne sont pas les mêmes que ceux de Vladimir Poutine et que la concurrence sino-américaine, qui ressemble de plus en plus à une franche hostilité ne doit pas dégénérer vers une forme de chaos international. 

À lire aussi : Guerre en Ukraine: Washington veut mettre la pression sur Pékin

02h00 : « Ils ont touché le grand marché de Barabashova » à Kharkiv

 Plusieurs tirs russes ont fait jeudi au moins 27 morts dans la région de Kharkiv, dans le nord-est de l’Ukraine. Selon le parquet régional, une école et un centre culturel ont été détruit. Des attaques contre les civils qui pourraient s’apparenter à des crimes de guerre, le secrétaire d’Etat américain a repris l’expression jeudi soir. Natalie Zubar est militante des droits de l’homme à Kharkiv et elle travaille avec un petit groupe de volontaires pour documenter les attaques contre les civils ukrainiens.

« Nous tournons essentiellement des vidéos et nous prenons des photos pour avoir des preuves des destructions de bâtiments civils, comme des immeubles d’habitation, des monuments historiques, des écoles, des crèches, des universités.. Je pense que nous avons documenté des crimes sur 15 ou 20 sites de Kharkiv. Je ne suis pas sûre parce que nous avons travaillé en deux groupes aujourd’hui et je n’ai pas encore fait le point avec les autres.

A Kharkiv, il y a des bombardements et des tirs d’artillerie en permanence. Tout à l’heure ils ont touché le grand marché de Barabashova. C’est la deuxième ou la troisième fois qu’il était visé et cette fois il y a eu une énorme explosion et une fumée noire qu’on pouvait voir de presque toute la ville. La fumée est encore présente au moment où je vous parle, je sens qu’elle me fait tousser. »

De la fumée noire s'échappe du grand marché de Barabashova à Kharkiv après un bombardement, le 17 mars 2022.
De la fumée noire s’échappe du grand marché de Barabashova à Kharkiv après un bombardement, le 17 mars 2022. AFP – SERGEY BOBOK

01h30 :  faute d’alliés, la Russie renonce au vote à l’ONU d’une résolution sur l’Ukraine

La Russie a renoncé à tenir vendredi un vote au Conseil de sécurité de l’ONU sur une résolution liée à la guerre en Ukraine, faute de soutien de ses plus proches alliés, ont annoncé, jeudi, à l’AFP des diplomates. « Ils ont fait appel au coparrainage » pour leur texte portant selon eux sur l’humanitaire, « et il n’y a pas eu de retour », a dit un ambassadeur sous couvert d’anonymat, laissant entendre que ni la Chine ni l’Inde ne soutenaient l’initiative controversée russe et n’auraient voté en sa faveur.

La Russie a confirmé jeudi son renoncement lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité qu’avaient réclamé les Occidentaux. « Nous avons décidé de ne pas demander la mise aux voix » de cette résolution vendredi, a déclaré au Conseil de sécurité l’ambassadeur russe à l’ONU, Vassily Nebenzia, sans un regard pour ses homologues, l’oeil rivé sur son texte.

01h : les barils de pétrole russe pourront-ils être remplacés ?

L’Agence internationale de l’énergie s’inquiète pour l’offre pétrolière mondiale. Les barils russes vont manquer et pourront difficilement être compensés à court terme, selon l’AIE. L’Agence internationale de l’énergie annonce des heures sombres pour l’approvisionnement en pétrole : les perturbations de l’offre russe pourraient créer « un choc mondial », prédit même l’AIE. Autrement dit, un déséquilibre entre l’offre et la demande plus important qu’il ne l’est aujourd’hui.

Le déficit de l’offre russe est loin d’être anodin : le pays est le deuxième exportateur mondial avec 8 millions de barils jour. Mais depuis la guerre, Moscou ne peut plus écouler tout son brut, certains pays ou partenaires commerciaux refusant d’acheter du pétrole russe.

Ecouter et lire la Chronique des matières premières : Pétrole: les barils russes pourront-ils être remplacés?

00h30 : situation de plus en plus critique à Marioupol

Selon la mairie de Marioupol, la situation est « critique » avec des bombardements russes « ininterrompus » et des destructions « colossales ». Selon les premières estimations, « environ 80% du parc de logement de la ville a été détruit ». Des personnes ayant réussi à fuir ont raconté avoir fait fondre de la neige pour boire et cuire le peu de nourriture disponible sur des braseros.

« Ils tirent tellement de roquettes, il y a beaucoup de corps de civils morts dans les rues », a raconté à l’AFP Tamara Kavounenko, 58 ans, qui vivait en centre-ville. Selon Iryna Verechtchouk, vice-Première ministre ukrainienne, 8 couloirs humanitaires sur 9 ont fonctionné jeudi et 3 810 civils ont été évacués des zones de combats.

Un bâtiment détruit dans la ville de Marioupol, en Ukraine, le 17 mars 2022.
Un bâtiment détruit dans la ville de Marioupol, en Ukraine, le 17 mars 2022. REUTERS – ALEXANDER ERMOCHENKO

00h : Témoignage – à Kiev, la vie sous les bombes

Avant la guerre, Liudmyla Yankin travaillait dans une ONG de défense des droits de l’Homme et quand l’invasion russe a commencé, elle s’est engagée comme volontaires auprès des plus vulnérables. Elle raconte son quotidien dans la capitale ukrainienne.

« La vie à Kiev aujourd’hui, c’est être partagé entre deux sentiments très forts. La peur des civils parce qu’on ne sait jamais où ni quand les roquettes russes vont tomber. Toutes les 15 minutes, on entend une sirène, cela veut dire que l’armée de l’air nous prévient de la présence d’une roquette dans le ciel de Kiev mais on ne sait pas si elle pourra être interceptée ou non, donc on a peur.

D’un autre côté, on voit une grande résistance de la part des civils. Presque toutes les personnes en mesure de marcher, en bonne forme physique, toutes se mobilisent comme volontaires, construisent des barricades, s’enrôlent dans les unités de défense du territoire ou font quelque chose comme moi par exemple… Tout le monde est prêt à résister, mais la tension est forte parce que nous sommes en danger en permanence.

Aujourd’hui, il n’y a plus rien à Kiev ou en Ukraine qui puisse être considérée comme un lieu sûr. Il y a cinq minutes par exemple, j’ai parlé avec une personne dont l’appartement a été détruit par un missile et elle m’a dit : les Russes répètent qu’il s’agit d’une libération, donc ils me libèrent de mon foyer,  ils me libèrent de mon appartement, ils me libèrent de mon immeuble, ils me libèrent de ma vie passée. Je ne sais même pas comment décrire la laideur de cette guerre. »


Je ne sais même pas comment décrire la laideur de cette guerre.

Liudmyla Yankin



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