Politics

La gauche se mobilise contre le rachat du Red Star


Un détail du maillot de l’équipe de football du Red Star FC, présenté à Saint-Ouen le 11 mars 2021.

L’union de la gauche se fait aussi dans le football. Plus exactement autour de la défense du Red Star, club de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) évoluant en National (3e division), qui vient d’être racheté par un fonds de pension américain, 777 Partners. Jean-Luc Mélenchon, leader de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale, Benoît Hamon, ancien candidat socialiste à l’élection présidentielle de 2017, le patron du PCF, Fabien Roussel, ainsi que ses camarades Stéphane Peu, député de Seine-Saint-Denis, et Marie-George Buffet, ancienne ministre des sports dans le gouvernement de Lionel Jospin, Olivier Besancenot, du Nouveau Parti anticapitaliste, mais aussi des auteurs comme Virginie Despentes, des syndicalistes, des associatifs, des anciens joueurs ou encore des journalistes ont ainsi signé une tribune, parue dans Le Monde, dénonçant le rachat du club né en 1897.

« Pour nous, le Red Star est un bien commun qui ne peut être sacrifié sur l’autel du profit. Nous appelons l’ensemble des supporters du Red Star et les amoureux du ballon rond à travers le pays à bloquer la vente et à se mobiliser pour faire de ce combat un combat national contre le football business et défendre une autre vision du football », peut-on lire dans ce texte initié par le collectif Red Star Bauer et les Red Star fans.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Sport : « Le Red Star est un bien commun qui ne peut être sacrifié sur l’autel du profit »

Le Red Star tient une place à part dans le paysage footballistique français et pour la gauche. Fondé par Jules Rimet – initiateur de la Coupe du monde, qui sera dirigeant de la Fédération française de football et de la fédération internationale (la FIFA) –, le club est l’un des plus anciens du pays. A sa création, on est loin de l’idéal ouvrier et populaire revendiqué aujourd’hui. Son nom (« étoile rouge » en anglais) a des origines floues. Ce n’est pas, en tout cas, une référence au mouvement révolutionnaire ou communiste.

Tradition ouvrière antifasciste

Jules Rimet est, il est vrai, un catholique social, et le club est fondé dans les quartiers chics de la capitale. Mais il déménagera rapidement dans la banlieue nord, en 1909. La gauche commencera à s’intéresser plus tard à ce club un peu particulier, qui n’a jamais brillé en championnat, mais qui a remporté plusieurs coupes de France (1921, 1922, 1923, 1928, 1942).

« Il y a deux périodes de rapprochement avec la gauche. D’abord dans l’entre-deux-guerres, période pendant laquelle le club, ancré dans la banlieue rouge avec une culture ouvrière et populaire, est associé à cet imaginaire, note Mickaël Correia, journaliste et auteur d’Une Histoire populaire du football (La Découverte, 2018), signataire du texte. Puis il y a eu un renouveau au début des années 2000 où les supporteurs mettent en avant la figure de Rino Della Negra. On passe à une gauche plus libertaire et antifasciste. » Rino Della Negra, fils d’immigrés italiens et ancien joueur du club, fera partie des Francs-tireurs et partisans-Main-d’œuvre immigrée – les FTP-MOI, des résistants communistes – pendant l’Occupation. Il sera fusillé au mont Valérien en 1944, avec le groupe mené par Missak Manouchian. Les ultras du Red Star ont baptisé leur tribune du nom du résistant, pour montrer leur attachement à cette tradition ouvrière antifasciste.

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