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L1: Bordeaux-Lille, le rendez-vous manqué des présidents


Casseroles, commissions, inimitié… le Bordeaux-Lille de mercredi (21h00) devait être le théâtre de retrouvailles salées entre Gerard Lopez, ancien patron du LOSC aujourd’hui à la tête des Girondins, et son successeur dans le Nord Olivier Létang. Sauf que le premier fera défaut.

Il y a des rendez-vous d’affaires qui tombent mal. Ou bien, c’est selon. Retenu aux Etats-Unis, Lopez, qui a bâti l’ossature du dernier champion de France avant d’être congédié il y un an, n’aura pas à croiser la route de Létang, qui en a récolté les fruits six mois plus tard, avant d’obtenir le titre de “meilleur président d’Europe” décerné en novembre par le média italien Tuttosport.

Après leurs échanges piquants cet été par communiqués interposés – Létang a accusé Lopez de s’être servi dans les caisses nordistes suite au transfert à Naples de l’attaquant Victor Osimhen – il n’y aura donc pas d’explications de vive voix entre ces deux visionnaires qui ne s’apprécient guère, aux philosophies et gestions de club diamétralement opposées.

Le président du Losc Olvier Létang arrive au stade avant le match de Ligue 1 contre Montpellier le 23 décembre 2020 à La Mosson à Montpellier (AFP/Archives - Sylvain THOMAS)

Le président du Losc Olvier Létang arrive au stade avant le match de Ligue 1 contre Montpellier le 23 décembre 2020 à La Mosson à Montpellier (AFP/Archives – Sylvain THOMAS)

Quand l’Hispano-Luxembourgeois, ancien boss de Lotus, se veut joueur et homme de paris, comme celui de reprendre Bordeaux en route vers le redressement judiciaire en juillet, l’ancien milieu de Reims, reconverti dirigeant à Paris et Rennes avant d’atterrir dans le Nord, est plus carré et mesuré.

– Létang surfe et assainit –

Bénéficiant à Lille du travail de son prédécesseur qui avait bâti un effectif très compétitif, Létang a vu l’armoire à trophées se remplir en quelques mois seulement: titre de champion au nez et à la barbe du Paris SG et de ses stars, Trophée des champions dans la foulée face à ce même PSG.

Lors de son arrivée il y a un an, le fonds Merlyn Partners, qui avait racheté le LOSC, avait injecté 40 millions d’euros et résorbé une partie de l’importante dette du club estimée à 160 millions d’euros.

Létang a poursuivi l’assainissement de ces finances, avec notamment un mercato estival très bénéficiaire (55 millions d’euros de vente, 15 millions d’achat).

Si le démarrage cette saison a été poussif en L1, les Dogues ont brillé en Ligue des champions en décrochant une qualification pour les huitièmes de finale après celle de 2006-2007. Cela va leur rapporter plus de 60 millions d’euros et pourrait leur permettre de retenir cet hiver certains joueurs très demandés comme Jonathan Ikoné, Renato Sanches ou encore Sven Botman.

L'attaquant Jonathan Ikone, de Lille, contre Wolfsbourg en Ligue des champions le 8 décembre 2021 à Wolsbourg (AFP/Archives - Ronny Hartmann)

L’attaquant Jonathan Ikone, de Lille, contre Wolfsbourg en Ligue des champions le 8 décembre 2021 à Wolsbourg (AFP/Archives – Ronny Hartmann)

De quoi rassurer aussi la Direction nationale de contrôle de gestion (DNCG) qui n’a appliqué aucune mesure d’encadrement comptable lors du dernier passage du club nordiste qui avait réduit sa masse salariale de 12 millions d’euros et diminué sa dette de plus de 50 millions d’euros

– Lopez sème en espérant récolter –

Il a débarqué en Gironde en sauveur d’un club en déconfiture suite aux passages des Américains GACP et King Street. Sans lui, les Girondins seraient surement en L2, voire en N3 et rien que pour cela, Lopez bénéficie du soutien indéfectible des Ultramarines, le principal groupe de supporters qui s’est opposé pendant deux ans à l’ancien président Frédéric Longuépée.

A Bordeaux, racheté avec des moyens plus limités et contrôlés par la DNCG qui a maintenu l’encadrement de sa masse salariale et ses indemnités de mutations, Lopez est parti sur un modèle quasi similaire à celui observé à Lille en 2017, basé sur le trading de joueurs.

Dans le Nord, où la greffe Marcelo Bielsa n’avait pas pris en 2017, le premier exercice s’était conclu en 17e position. Au mieux, les Girondins de Vladimir Petkovic, qui tardent à trouver la bonne formule entre joueurs prêtés, jeunes prometteurs, cadres expérimentés et les fins de contrat, vont clôturer la phase aller à la 15e place, avec une défense très perméable, bien en-deçà de l’objectif top 10 fixé en début de saison.

Début décembre, Lopez avait reconnu dans L’Equipe qu'”on est tous en-dessous de ce qu’on est capables de donner”, s’incluant même dans le lot, en espérant un rebond et une montée en puissance.

Vladimir Petkovic, l'entraîneur de Bordeaux (g) et son président, Gerard Lopez, au stade Matmut-Atlantique le 30 juillet 2021 à Bordeaux (AFP/Archives - PHILIPPE LOPEZ)

Vladimir Petkovic, l’entraîneur de Bordeaux (g) et son président, Gerard Lopez, au stade Matmut-Atlantique le 30 juillet 2021 à Bordeaux (AFP/Archives – PHILIPPE LOPEZ)

S’en sont suivis un nul contre Lyon (2-2), une victoire à Troyes (2-1), une qualification aisée en Coupe de France contre les amateurs de Mayotte (10-0) avant ce rendez-vous lillois où il attend confirmation, même à distance.



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