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L’« autonomie » de la Corse au cœur de la campagne, la Primaire populaire présente ses excuses… Les infos politiques du jour


Le Monde tient le carnet de bord de la campagne de l’élection présidentielle de 2022 : un point quotidien, publié à 19 heures, revient sur les faits politiques de la journée écoulée et aborde les rendez-vous à venir.

  • L’info du jour : l’« autonomie » pour la Corse envisagée par le gouvernement, les candidats se positionnent sur le statut de l’île

« Nous sommes prêts à aller jusqu’à l’autonomie. » En quelques mots tirés d’un entretien au quotidien Corse-Matin, le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, a placé la question corse et son statut au cœur de la campagne présidentielle.

Alors que l’île connaît, depuis deux semaines, des manifestations et des violences qui font suite à la tentative d’assassinat d’Yvan Colonna dans la prison d’Arles (Bouches-du-Rhône), le locataire de la place Beauvau a fait cette annonce avant un déplacement de deux jours, mercredi et jeudi, pour rencontrer les dirigeants nationalistes. « Après, la question est de savoir ce qu’est cette autonomie. Il faut qu’on en discute », a précisé M. Darmanin dans cet entretien, estimant que cette question institutionnelle « sera logiquement engagée pendant le second mandat » d’Emmanuel Macron, s’il devait être réélu.

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Alors que le président autonomiste du conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, a salué « des mots importants qui ouvrent une perspective », plusieurs prétendants à l’Elysée ont réagi à la sortie de M. Darmanin. Le candidat écologiste, Yannick Jadot, a ainsi profité de la situation pour évoquer de nouveau son projet de mettre en place « une autonomie de plein droit, de plein exercice en Corse », s’il est élu. « Ce qui est terrible, c’est qu’il faut un drame, comme d’habitude avec ce quinquennat, pour commencer à entrevoir des solutions », a-t-il regretté mercredi matin sur France 2.

« La question corse n’est pas nouvelle », a renchéri la candidate socialiste, Anne Hidalgo, mercredi au micro d’Europe 1. « Je pense qu’il faut donner des pouvoirs législatifs, réglementaires à des régions, à des collectivités qui ont un statut particulier, comme la Corse », a-t-elle avancé. Devant les élus locaux, mardi, le candidat de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a annoncé, lui, qu’il envisageait d’appliquer l’article 74 de la Constitution – qui régit le régime des collectivités d’outre-mer – à la Corse, pour donner à l’île une plus grande autonomie. « La Corse a voté à trois reprises pour des élus autonomistes (…), je m’incline », a-t-il déclaré.

A l’opposé, la candidate du Rassemblement national, Marine Le Pen, a estimé, mercredi, dans un message sur Twitter que « passer de l’assassinat d’un préfet à la promesse d’autonomie, peut-il exister un message plus catastrophique ?  » « Je refuse que le clientélisme cynique d’Emmanuel Macron brise l’intégrité du territoire français : la Corse doit rester française », a-t-elle aussi lancé. Le candidat communiste, Fabien Roussel, s’est également positionné « contre l’autonomie ». « L’autonomie, ce n’est pas ce qui va remplir le frigo des Corses », a déclaré le candidat sur RMC mercredi. La candidate du parti Les Républicains, Valérie Pécresse, dont la position est moins tranchée, a, pour sa part, accusé Emmanuel Macron de « céder à la violence ». « Il faut ramener l’ordre en Corse avant d’entamer les négociations », a-t-elle affirmé sur France Inter mercredi matin, estimant qu’« Emmanuel Macron paie cash son mépris des territoires ».

  • Phrase du jour : la Primaire populaire s’excuse d’avoir apporté son soutien à Jean-Luc Mélenchon sans avoir consulté ses électeurs

« On s’est plantés. On est désolés »

Absence d’union à gauche, candidature ratée de Christiane Taubira, critiques sur le fonctionnement interne… Ces dernières semaines ont ressemblé à un long chemin de croix pour la Primaire populaire, qui promettait de « faire de la politique autrement ».

Les tensions se sont accrues depuis que le conseil d’administration de ce mouvement citoyen avait annoncé, le 5 mars, apporter son soutien à l’Union populaire et son candidat, Jean-Luc Mélenchon, après l’abandon de Mme Taubira. Une décision prise sans avoir consulté les 400 000 participants à ce scrutin, et alors que le candidat « insoumis » était arrivé derrière Yannick Jadot. L’épisode avait provoqué de nombreux départs, dont celui de la porte-parole, Mathilde Imer.

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Alors, face à cette situation, les membres restants de la Primaire populaire ont présenté leurs excuses aux électeurs dans un e-mail et une vidéo diffusés mercredi 16 mars et intitulés : « On s’est plantés. On est désolés. » « Aujourd’hui, nous aimerions vous présenter nos excuses », expliquent les organisateurs. Sur le choix de soutenir M. Mélenchon, ils précisent avoir renoncé « à une nouvelle consultation trop longue et coûteuse à mettre en œuvre à un mois de l’élection ». « Il s’agit désormais de parier sur le candidat le plus à même d’arriver au second tour », insistent-ils toutefois, précisant que leur mouvement s’appelle désormais les « Victoires populaires ».

  • Image du jour : Jean Castex a présenté le « plan de résilience » du gouvernement
Le premier ministre, Jean Castex, le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, et le ministre de l’agriculture, Julien Denormandie, à Matignon, le 16 mars.

Le gouvernement au chevet des secteurs mis en difficulté par la guerre en Ukraine. Alors que le conflit entre Kiev et Moscou a percuté la campagne présidentielle, le premier ministre, Jean Castex, et plusieurs de ses ministres, ont présenté mercredi après-midi un « plan de résilience » pour « protéger les ménages et les entreprises des conséquences immédiates du choc ».

Parmi les principales mesures annoncées : la remise à la pompe de 15 centimes par litre de carburant, accordée par le gouvernement à partir d’avril pour quatre mois, est étendue au gaz naturel pour les véhicules et au gaz de pétrole liquéfié ; le versement d’une aide pour les entreprises dont les dépenses de gaz et d’électricité représentent « au moins 3 % de leur chiffre d’affaires »  ; ou encore une « aide financière équivalente à 35 centimes par litre de gazole de pêche » pour les pêcheurs.

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  • Dans les archives du « Monde » : En 2012, Nicolas Sarkozy et François Hollande racontent leurs secrets pour affronter le marathon d’une campagne présidentielle
Archive du « Monde » datée du 16 mars 2012.

Meetings, rendez-vous médiatiques, déplacements quotidiens partout en France… Les campagnes présidentielles s’apparentent bien souvent à de longs marathons politiques pour les candidats. Pour s’y préparer, chacun à ses petits secrets : microsiestes, pas d’alcool, beaucoup de sport…

Présents dans la vie politique depuis plusieurs décennies, François Hollande et Nicolas Sarkozy sont des habitués des campagnes électorales, qu’elles soient locales, nationales ou européennes. Mais une campagne présidentielle ne ressemble à aucune autre, alors les journalistes du Monde Vanessa Schneider et David Revault d’Allonnes ont cherché à savoir comment les deux favoris de la campagne 2012, qui se retrouveront au second tour, se sont préparés, dans un article intitulé « La campagne, une affaire d’endurance » et publié dans l’édition du 16 mars 2012.

La difficulté est alors double pour le candidat de l’Union pour un mouvement populaire, qui est à la fois président en exercice et candidat en campagne. Pour rester en forme, M. Sarkozy « consacre une heure par jour au sport » en alternant « jogging et musculation, travaillant ses abdominaux pour éviter des problèmes de dos », racontent les journalistes. Il s’impose aussi une hygiène de vie très stricte : « Il ne boit pas d’alcool, ne fume pas, sauf un cigare de temps en temps. Il fait attention à ce qu’il mange : pas de plats en sauce et pas de dessert. »

Son concurrent François Hollande s’était, lui, préparé bien en amont, en faisant un spectaculaire régime deux ans auparavant, en 2010. S’il n’est pas un adepte de l’exercice physique, il fait toutefois attention à son hygiène de vie : pas de cigarettes, juste un verre de vin de temps en temps, et des nuits de six ou sept heures. Mais, finalement, M. Hollande l’assure, ce qui le « dope » pour résister à la fatigue physique, c’est « la ferveur des gens ». « Quand je rentre dans la salle d’un meeting, ça me porte et me transporte. A mesure que vous sentez la foule, elle vous donne la force, le stimulant qui aurait pu vous manquer », raconte-t-il alors. Dix ans après, cette « ferveur » semble d’ailleurs lui manquer, puisque l’ancien président a tenté, ces dernières semaines, de lancer, en secret et en vain, sa candidature pour la présidentielle à venir.

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  • Dans l’agenda du jeudi 17 mars

Programme. Critiqué pour son absence de projet jusqu’ici, le président de la République sortant, Emmanuel Macron, doit dévoiler son programme jeudi après-midi. Il tiendra une conférence de presse à partir de 15 heures, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis).

Hôpital. Deux ans, jour pour jour après le premier confinement, six candidats défendront leurs programmes pour l’hôpital et la santé lors d’un « grand oral » organisé par la Fédération hospitalière de France. Anne Hidalgo, Yannick Jadot, Marine Le Pen, Valérie Pécresse, Fabien Roussel et Eric Zemmour se succéderont sur la scène d’un théâtre du 13arrondissement de Paris. Emmanuel Macron sera représenté par le ministre de la santé, Olivier Véran, et Jean-Luc Mélenchon n’y participe pas faute de disponibilité. Nathalie Arthaud, Nicolas Dupont-Aignan, Jean Lassalle et Philippe Poutou n’ont, de leur côté, pas été conviés.

Sport. A un peu plus de deux ans des Jeux olympiques de 2024 à Paris, plusieurs candidats seront auditionnés sur leur programme pour le sport. Le Comité national olympique et sportif français reçoit, à partir de 10 heures, Anne Hidalgo, Fabien Roussel, Yannick Jadot puis Valérie Pécresse, qui s’exprimeront vingt minutes chacun, à tour de rôle.

Débats télévisés. Dans le cadre de l’émission politique de France 2 « Elysée 2022 », le candidat écologiste, Yannick Jadot, débattra avec Eric Zemmour. Puis la socialiste Anne Hidalgo fera face au patron des députés de La République en marche, ancien membre du Parti socialiste, Christophe Castaner.





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