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Jean Lèques, ancien maire de Nouméa et figure de la politique en Nouvelle-Calédonie, est mort


Jean Lèques, le 28 mai 1999, à Nouméa.

Né le 31 août 1931 dans le quartier populaire de la Vallée du Tir à Nouméa, Jean Lèques s’y est éteint, mercredi 1er juin, à l’âge de 90 ans. Affaibli par la maladie depuis plusieurs années, l’emblématique maire de Nouméa de 1986 à 2014 laisse derrière lui une carrière politique à la longévité exceptionnelle, empreinte de fidélité et de proximité.

Quiconque a habité la capitale calédonienne durant ses années de mandat se souvient de ses déambulations tous les samedis matin dans la commerçante rue de l’Alma, ponctuées de sonores « Alors, comment ça va ? » Dans un communiqué publié sur le site de l’Elysée, Emmanuel Macron a rendu hommage à la « vie consacrée au service de notre pays, de la Nouvelle-Calédonie et de la paix » de cette figure de l’échiquier calédonien. « La mémoire de Jean Lèques nous oblige », a conclu le chef de l’Etat, alors que, après trois non à l’indépendance lors de référendums en 2018, 2020 et 2021, un nouveau statut institutionnel reste à construire pour la Nouvelle-Calédonie.

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Ardent partisan de son maintien dans la France, Jean Lèques était devenu, en mai 1999, et jusqu’à mars 2001, le premier président du gouvernement collégial, créé par l’accord de Nouméa. Signataire de cet accord de décolonisation progressif, au titre du Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR), il avait aussi signé en 1988 les accords de Matignon, qui ramenèrent la paix sur le Caillou après plusieurs années de violences meurtrières entre loyalistes d’origine européenne et indépendantistes kanak.

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Issu d’une vieille famille calédonienne, dont le plus ancien ascendant arriva dans l’archipel en 1859, Jean Lèques, que tous les Calédoniens appelaient « Fifils », un surnom acquis sur les bancs de l’école par cet enfant unique, s’est investi en politique dès ses études de droit à Grenoble. Fervent catholique, gaulliste et européen, il adhère au Mouvement républicain populaire, trouvant dans la démocratie chrétienne l’incarnation idoine de ses idées.

De retour sur son île natale, Jean Lèques, devenu notaire, milite à l’Union calédonienne (UC), parti réformateur dont la devise « deux couleurs, un seul peuple » séduit ce bourgeois sensible aux questions sociales. C’est sous la bannière de l’UC qu’il est d’ailleurs élu pour la première fois en 1967 à l’Assemblée territoriale, qu’il préside à plusieurs reprises. Il sera réélu sans discontinuer jusqu’en 2009 dans cette institution délibérante, qui prend en 1985 le nom de Congrès.

« Un homme de paix »

En désaccord avec la « dérive indépendantiste » de l’UC, cet « amoureux de la France » s’en éloigne à l’orée des années 1970 pour créer le Mouvement libéral calédonien (MLC). Mais alors que le clivage se durcit entre pro-France et indépendantistes, le MLC, pour éviter les divisions, se fond en 1978 dans la maison commune des loyalistes, le RPCR, créé par l’influent et charismatique Jacques Lafleur.

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