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«Je travaille tout le temps, c’est ma vie et elle me convient»


L’humoriste et producteur lançait la semaine dernière au Cirque royal de Bruxelles la neuvième édition de son gala « Les duos impossibles ». Nous étions en coulisses.

Voilà cinq mois qu’il pense à cette soirée. Qu’il peaufine les textes, cale les lumières, songe aux angles des caméras, réfléchit aux décors, aux costumes… Depuis neuf éditions, Jérémy Ferrari a prouvé que ses impossibles duos ne l’étaient pas tant que ça. Le concept de l’événement (qui sera aussi diffusé sur C8 à l’automne) : réunir une poignée d’humoristes dans une série de duos spécialement écrits pour l’occasion. « C’est une grosse machine ! concède le comédien, tout en gardant un œil sur le ballet permanent des techniciens. Il y a une bonne raison pour laquelle aucun gala ne propose deux heures et demie de sketchs inédits. Les artistes qui sont ici ont tous des emplois du temps surchargés. Soyons francs, ils n’ont pas besoin d’exposition… » Cette année, c’est Artus qui porte la casquette de coanimateur avec Jérémy. Dans la pénombre derrière le plateau du Cirque royal de Bruxelles, entre un lit d’hôpital, un arbre en plastique et une sucette géante, le binôme échange, ajuste, discute après les répétitions de chaque séquence.

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Dans un coin, assis sur une chaise et profitant de la lueur de la lampe des habilleuses d’arrière-scène, Paul Mirabel révise, studieux. Jérémy Ferrari lui a demandé la réécriture de son passage sur la guerre en Ukraine. Sujet délicat. Le grand angoissé panique. « Si je meurs, sachez que je vous aimais bien », annonce-t-il, regard empli de désespoir. Mirabel n’a aucune raison de s’inquiéter. Il a déjà séduit le public des « Duos impossibles » l’an passé et joue son spectacle « Zèbre » depuis plusieurs mois à guichets fermés.

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En loges, c’est le cirque. L’humour absurde de Jérémy Ferrari semble prendre vie sous nos yeux. Arnaud Tsamere , en robe indienne et perruque indéfinissable, travaille avec Baptiste Lecaplain un sketch parodique de « Pocahontas », alors que Bérengère Krief arpente les couloirs en blouse d’hôpital. Guillaume Bats, de son côté, essaie un costume de grand-mère « feuillage ». Dans une petite pièce, Le Cas Pucine s’est isolée et joue de la flûte traversière… dans le noir. « Ça m’aide à me concentrer ! » Il y a deux ans, la jeune ventriloque gagnante de « La France a un incroyable talent » avait été coupée au montage.

« Capucine a un univers très différent de nous tous, plus poétique, explique Jérémy Ferrari. Dans ce genre de gala, c’est plus difficile pour elle d’intégrer son monde à celui des autres. Mais elle a le talent, le texte pour y parvenir. Et si elle n’y arrive pas, ce n’est pas grave. »
Le producteur, déguisé en Mary Poppins, donne ses dernières directives avant de mettre fin aux répétitions. Mais les préparatifs se poursuivent en coulisses. Ferrari navigue d’une loge à l’autre, prenant du temps pour répondre aux questions de chacun avant le lever de rideau. « J’ai la chance d’avoir la confiance des artistes. J’ai l’image d’un mec très rude ; pourtant, j’ai appris avec les années qu’un bon leader ce n’est pas celui qui impose mais celui qui écoute. » L’homme rodé à l’exercice se plaît à jouer les chefs d’orchestre. Hyperactif avéré, il ne compte pas ses heures. « Ces derniers mois, j’ai géré ce gala et les artistes que je produis tout en étant sur scène avec mon spectacle cinq soirs par semaine. Je travaille tout le temps, je n’ai pas de week-ends, pas de vacances, c’est ma vie et elle me convient. »

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Déguisé en Mary Poppins, il donne ses dernières directives avant de mettre fin aux répétitions

Chargé d’ouvrir le bal en musique, Michaël Gregorio ajuste son smoking, remet ses boucles ébène en place et se dirige vers la scène, suivi de ses musiciens. Il est 20 h 20, la soirée commence sous les applaudissements du public belge. Backstage, certains font les cent pas, d’autres répètent inlassablement pour être sûrs de ne pas oublier une ligne alors que ceux qui passent en fin de soirée se sont entassés dans des canapés pour suivre le show en direct sur un écran. Jarry en veste scintillante a préféré s’installer au bord de la scène. De là, il entrevoit ses camarades en action et surtout… les réactions des spectateurs. « Sacrée ambiance ! Quand même, c’est dingue cette soirée. On n’a jamais joué ces sketchs, c’est une vraie prise de risque », commente-t-il. Comme disait Ferrari plus tôt dans la journée : « Il y a forcément des vannes qui ne vont pas marcher. » Et il y en a eu. Mais les deux heures trente de spectacle ont surtout prouvé la force scénique d’un Artus au top et l’endurance à toute épreuve de Jérémy Ferrari, vivement encouragé par tous ses camarades de blagues. Finalement, beaucoup d’éclats de rire. En cette période morose, on aurait tort de s’en priver. 

«Anesthésie générale», en tournée, et du 13 au 24 avril aux Folies Bergère, Paris IXe .



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