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Guerre en Ukraine : ce matériel militaire que Thales admet avoir livré à la Russie après les sanctions occidentales



Le groupe d’armement français Thales aurait continué à vendre et à livrer des caméras infrarouges à la Russie après 2014, début des sanctions qui interdisaient normalement à toute entreprise de vendre des armes à ce pays, nous apprend Le Parisien dans un article paru ce samedi 30 avril. Ces ventes auraient été effectuées en application d’un contrat conclu avant l’embargo. Ce type d’appareil thermique, qui permet de voir la nuit comme en plein jour et de viser des objets ou des personnes à une distance de 10 kilomètres, aurait été retrouvé sur le sol ukrainien près de Kiev.

Un membre de l’armée ukrainienne, que Le Parisien a rencontré, estime que ce type d’appareil aurait été retrouvé à l’intérieur de plusieurs chars russes (dont un blindé BMD-4 ) abandonnés par l’armée du Kremlin à Vorzel, au nord de Kiev. Contacté par le quotidien, l’équipementier français, qui affirme “partager l’émotion” suscitée par la découverte de ses armes sur des lieux où ont péri des civils, a bien admis avoir livré ses caméras, mais en vertu de contrats signés avant juillet 2014, soit “avant l’application des sanctions européennes de 2014 à l’égard de la Russie”.

Juridiquement, Thales avait bien le droit de vendre les caméras

Or selon les règles de droit, l’embargo russe interdit la conclusion de tout nouveau contrat de vente d’armement, mais n’annule pas les contrats conclus avant cette date, même si les livraisons ont lieu bien après. C’est en effet la date d’entrée en vigueur du contrat qui compte, et non la date de livraison – les dernières livraisons ayant eu lieu en 2019, précise Le Parisien. Si juridiquement, Thales avait vraisemblablement le droit de livrer ces caméras, les conséquences en terme de réputation pourraient voir le jour. Appelé “Catherine”, le système de caméra coûterait plusieurs centaines de milliers d’euros.

Il serait récupéré par l’armée ukrainienne, et réinstallé dans des systèmes antiaériens, explique Le Parisien. Ce n’est pas la première fois que Thales, comme d’autres fabricants d’armes, est pointé du doigt pour ne pas avoir respecté ces sanctions. L’entreprise avait été accusée d’avoir vendu du matériel militaire à la Russie entre 2015 et 2020 à la suite d’une enquête du site d’investigation Disclose, rappelle le quotidien. En 2021, le groupe de technologie et de défense avait vu son chiffre d’affaires croître de 5,2%, à 16,1 milliards d’euros et ses prises de commandes s’envoler de 18%. Le groupe avait décidé, il y a plusieurs semaines, de suspendre ses activités en Russie suite à la guerre en Ukraine.





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