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Greenpeace s’attaque aux lobbies de la viande et à leur méthodes pour pousser à la consommation



Enseignement scolaire, réseaux sociaux, publications scientifiques… Dans un rapport long de près de 170 pages consulté par Capital et publié ce mardi 25 janvier, l’association Greenpeace décortique et dénonce les actions des lobbies de la viande dans de nombreux domaines. Pour l’ONG, le constat est simple : à tous les âges de la vie, ces lobbies sont omniprésents, dans les sphères publiques comme privées. Et leurs budgets sont colossaux.

En ajoutant les sommes consacrées au lobbying pro-viande de 17 organisations identifiées comme défendant ce secteur, l’association arrive à un montant total compris entre 550.000 et 1,1 million d’euros, selon des déclarations récupérées auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Parmi ces organisations, Greenpeace s’intéresse tout particulièrement à quatre fédérations professionnelles et interprofessionnelles, dont le géant Interbev, dédié aux métiers de la viande et du bétail. Selon l’ONG, ces structures s’approprieraient les controverses liées à la surconsommation de viande… tout en réussissant à persuader les Français d’en manger davantage.

À ce sujet, l’association dénonce la campagne de communication “Naturellement Flexitariens” d’Interbev, du nom de ce régime alimentaire qui vise à réduire sa consommation de viande. Ainsi, dans sa campagne, Interbev n’a pas la même définition du flexitarien, qui désignerait finalement “un omnivore éclairé qui consomme des légumes et de la viande de qualité”, incitant alors à “consommer toujours plus de viande”.

Accusations de “science-washing”

Au-delà du classique domaine de la publicité, Greenpeace s’attache à démontrer la présence des lobbies de la viande dans toutes les sphères, et notamment dans le domaine médical. En 2016, une brochure intitulée “Santé : n’oubliez pas la viande !”, réalisée par une agence de communication pour Interbev, a par exemple été distribuée dans près de 8.000 salles d’attente de médecins, touchant 100% des villes de plus de 100.000 habitants. D’autre part, l’ONG dénonce les liens étroits de ces lobbies avec la recherche publique, et les allures de publications scientifiques que revêtent leurs communications grand public. L’ensemble de ces actions relèverait, pour Greenpeace, de véritables pratiques de “science-washing”.

Les lobbies de la viande étendraient également leur influence dans la sphère éducative, et ce, de la primaire jusqu’à l’enseignement supérieur. Interbev développe notamment des outils pédagogiques sur l’élevage et l’alimentation à destination des enseignants et des élèves, “sans aucune information sur les externalités négatives des élevages industriels”, note Greenpeace.

Faire évoluer les mentalités des politiques

Le monde politique constitue un autre champ d’action des lobbies de la viande mis en lumière par l’ONG. Ainsi, en juin 2020, après que les associations interprofessionnelles l’ont réclamée, la mesure d’interdiction de toute appellation “carnée” pour des produits d’origine végétale est entrée en vigueur. En clair, il s’agit de proscrire les dénominations comme “lait de riz” ou encore “saucisse au tofu”. Par ailleurs, les lobbies de la viande se mobiliseraient pour “empêcher la réglementation de l’usage des nitrites”, notamment présents dans la charcuterie. À l’Assemblée nationale, Interbev serait même à l’origine de propositions d’amendements visant à “obtenir des espaces publicitaires gratuits à la radio et la télévision pour faire la promotion des produits frais, dont la viande”. Des amendements bien déposés par des députés, mais qui n’auraient pas passé le filtre de recevabilité.





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