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Grand rebond pour les vins de Savoie


Le vignoble d’Apremont, en Savoie.

« Non, les vins d’Apremont ne sont pas uniquement des vins destinés à la fondue et à la raclette. » Thomas Lorival, codirecteur et chef sommelier du Clos des Sens, à Annecy, restaurant trois étoiles au guide Michelin, continue de ferrailler contre les idées reçues. Il est vrai que la réputation des vins de Savoie n’a pas toujours été flatteuse et qu’il faudra encore du temps pour que l’extraordinaire dynamisme observé depuis une dizaine d’années se traduise en une notoriété équivalente. Pourtant, les amateurs le savent, ce vignoble alpin fait de plus en plus parler de lui. A juste titre.

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Historiquement dix fois plus étendu qu’aujourd’hui, il s’est progressivement réduit comme peau de chagrin, ébranlé par la crise du phylloxéra ainsi que par l’industrialisation et l’urbanisation de la région. Ses 2 077 hectares, qui produisent 16 millions de bouteilles par an, sont une goutte d’eau à l’échelle de l’Hexagone (0,55 % des vignes AOP) et pèsent moins qu’une appellation comme châteauneuf-du-pape, par exemple.

Une multitude de terroirs

Le vignoble se répartit sur un arc débutant sur la rive sud du lac Léman, passant par la vallée de l’Arve et glissant ensuite vers le lac du Bourget et les rives du Rhône, puis vers le sud, entre Chambéry et Albertville (Savoie), où se dévoile la combe de Savoie, qui concentre 75 % de la production viticole locale. Quelques zones désertées font aussi l’objet de replantations, comme celles, notamment, de Philippe Héritier, vigneron et héliciculteur, et du chef étoilé Jean Sulpice, sur les bords du lac d’Annecy.

Sur des terroirs variés, notamment argilo-calcaires, d’éboulis et de moraine, les vins blancs dominent largement la production des vins de Savoie

Le schéma des appellations d’origine protégée est extrêmement simple. Il n’en existe que trois : l’AOP vin-de-savoie, l’AOP roussette-de-savoie et l’AOP seyssel, la plus ancienne (1942), auxquelles s’ajoute l’IGP (indication géographique protégée) vin-des-allobroges. Mais l’affaire se complexifie avec les 21 dénominations géographiques, ces anciens crus qui apparaissent sur les étiquettes. Celles-ci singularisent le vignoble du nord au sud et ont pour noms célèbres ripaille, ayze, chautagne, jongieux, marestel, apremont, chignin-bergeron, arbin… Une multitude de terroirs qui ont en commun de profiter d’un climat continental tempéré par l’influence lacustre déterminante provenant des lacs Léman, d’Annecy et du Bourget.

Dans ce paysage montagnard, les vignes ont été plantées essentiellement entre 250 et 450 mètres d’altitude, parfois sur des pentes allant jusqu’à 60 % mais en profitant de meilleures expositions au soleil. Dans un contexte de réchauffement climatique, les raisins, hier très acides, atteignent aujourd’hui de belles maturités tout en restant frais et donnent des vins qui affichent des degrés d’alcool modérés.

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