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En Inde et au Pakistan, des risques de pénuries d’électricité du fait d’une intense canicule


Un homme se protège du soleil et de la chaleur accablante après les prières du dernier vendredi du ramadan, le 29 avril 2022, à Hyderabad.

Des coupures d’électricité en Inde et au Pakistan ont aggravé, vendredi 29 avril, les conditions de vie de millions d’habitants, déjà accablés par une vague de chaleur record que les experts lient au changement climatique.

Des mois de mars et d’avril exceptionnellement chauds ont fait grimper la demande énergétique en Inde, ainsi qu’au Pakistan, si bien que les centrales électriques manquent à présent de charbon pour répondre à la demande.

Plusieurs villes pakistanaises ont ainsi subi jusqu’à huit heures de coupure de courant par jour la semaine dernière, tandis que des zones rurales enregistraient des délestages la moitié de la journée.

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Moins d’un jour de charbon en stock à New Delhi

« Il y a une crise de l’électricité et des délestages dans tout le pays », a déclaré le ministre de l’énergie pakistanais, Khurram Dastgir Khan, évoquant les pénuries et des « défaillances techniques ». Les températures devraient encore dépasser la normale de saison de huit degrés dans certaines parties du Pakistan, pour culminer à 48 degrés Celsius dans certaines zones du Sind rural mercredi, selon la Société météorologique pakistanaise.

Les scientifiques affirment qu’en raison du changement climatique, les canicules sont plus fréquentes mais aussi plus sévères. Dans la mégalopole indienne de New Delhi, où la température a atteint 43,5 °C vendredi, les autorités estiment qu’il reste « moins d’un jour de charbon » en stock dans de nombreuses centrales électriques.

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« La situation dans toute l’Inde est désastreuse », selon le ministre en chef de Delhi, Arvind Kejriwal, qui a mis en garde contre de possibles coupures dans les hôpitaux et le métro de la capitale. L’Inde a même annulé certains trains de voyageurs pour accélérer l’acheminement du charbon vers les centrales électriques, selon l’agence de presse Bloomberg News. Les réserves de charbon des centrales indiennes ont, en effet, diminué de près de 17 % depuis le début d’avril, tombant à peine un tiers des niveaux requis, selon la même source.

Pas de pluie depuis deux mois

Des pompiers tentent d’éteindre un feu, à New Delhi, en avril 2022.

A Calcutta, dans l’est de l’Inde, après des malaises en série dans les transports en commun, de l’eau sucrée a été distribuée aux passagers. « Sans pluie depuis plus de 57 jours, Calcutta est en proie à la plus longue période de sécheresse de ce millénaire », affirme Sanjit Bandyopadhyay du centre météorologique régional.

A cette époque de l’année, dans les régions d’altitude de l’Etat de l’Himachal Pradesh, de la pluie, de la grêle et même de la neige tombent normalement, mais depuis deux mois, pas une goutte d’eau et les températures battent des records.

En conséquence, des centaines d’incendies ont réduit des forêts de pins en cendres, notamment autour de Dharamsala, la ville où réside le dalaï-lama. « La plupart de ces incendies sont des feux de terre qui se propagent dans les forêts de pins, les plus vulnérables aux incendies », explique à l’Agence France-Presse (AFP) le chef des forêts de l’Etat, Ajay Srivastava. « Des équipes de pompiers travaillent d’arrache-pied pour éteindre ces feux et aussi pour sauver les animaux sauvages », a-t-il ajouté, en précisant que les secours avaient dû demander l’aide des riverains.

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Fermeture des écoles ou réduction des horaires de classe

Pour les musulmans observant le ramadan, la chaleur a rendu le jeûne pénible. Au coucher du soleil, les vendeurs ont fait un commerce florissant du Rooh Afza, un élixir rose et sucré en vogue depuis des générations dans le sous-continent pour étancher la soif.

La canicule a aussi entraîné la fermeture des écoles ou la réduction des horaires de classe. A Patna, capitale de l’Etat du Bihar, les insolations ont augmenté ces dix derniers jours, tout comme le nombre d’enfants souffrant de fièvre, de vomissements et de diarrhée.

Les autorités ont ordonné l’arrêt des cours à 10 h 45 et recommandé de ne pas sortir l’après-midi. Une plaie pour l’économie, car si « les gens restent chez eux dans la journée, nous peinons à gagner notre vie », résume Rameshwar Paswan, un chauffeur de rickshaw.

Le Monde avec AFP



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