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En France, pas de stagflation, mais une « croissance modeste »


Une inflation qui poursuit sur sa lancée, atteignant jusqu’à 5,5 % en glissement annuel en mai-juin, et une croissance de l’ordre de 0,25 % au deuxième trimestre : les conjoncturistes de l’Insee ne veulent pas encore parler de stagflation, comme pouvait le laisser redouter la croissance nulle enregistrée au premier trimestre. « Notre scénario est plutôt celui d’une croissance modeste », a assuré Julien Pouget, directeur du département de la conjoncture, lundi 9 mai. La stagflation, elle, se caractérise par une « inflation élevée et une activité qui stagne de manière durable », a-t-il rappelé.

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Christine Lagarde, la présidente de la BCE, assurait elle aussi, samedi 7 mai, que ce phénomène, redouté par les économistes, n’était pas encore « notre référence » en zone euro. « Bien que le degré inhabituel d’incertitude puisse signifier un ralentissement combiné de la croissance et une inflation élevée, la situation actuelle ne peut être comparée à celle des années 1970 », a-t-elle expliqué dans un entretien accordé au quotidien slovène Delo.

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Stagflation ou pas, cette première moitié de l’année est de toute façon synonyme de perte de pouvoir d’achat pour les Français : le revenu disponible brut des ménages, calculé par unité de consommation (c’est-à-dire en tenant compte de la taille des foyers) a baissé de 1,5 % au premier trimestre 2022 par rapport au quatrième trimestre 2021. Au deuxième trimestre, il devrait céder encore 0,5 % par rapport aux trois premiers mois de l’année. La forte baisse du premier trimestre s’explique en effet en partie par le fait que l’indemnité inflation a été versée fin décembre aux personnes bénéficiaires : en gonflant légèrement les revenus de la fin de l’année, elle accentue la baisse de pouvoir d’achat au trimestre suivant.

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Ce recul aurait été plus net encore sans les mesures mises en place pour limiter l’impact de l’inflation sur le budget des ménages, assure l’Insee : le « bouclier tarifaire » sur les prix de l’énergie et du gaz, ainsi que la remise à la pompe, ont permis de réduire de deux points l’inflation en France depuis le début de l’année. Sans ces mesures, « l’inflation dépasserait 7 % », estime l’institut de la statistique. Mais cet impact risque d’être moindre dans les semaines qui viennent, car la hausse des prix, initialement concentrée sur les tarifs de l’énergie, se propage de plus en plus aux autres postes de consommation, et tout particulièrement l’alimentation.

« La consommation des ménages dans son ensemble pourrait être tirée par un effet de rattrapage sur les services » Julien Pouget, directeur du département de la conjoncture de l’Insee

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