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En Australie, la Grande barrière de corail n’en finit plus de blanchir


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Touché par un épisode de blanchissement, le site, classé au Patrimoine mondial de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), subit une hausse des températures océaniques moyennes au large du nord-est de l’Australie. 

La Grande barrière de corail, trésor des fonds marins déjà en difficulté ses dernières années, est désormais touchée par un blanchiment « généralisé », ont déclaré ce vendredi 18 mars les autorités australiennes. Selon une étude récente, pas moins de 98% de la Grande barrière de corail australienne a été touchée par ce phénomène depuis 1998. Seule une infirme partie du récif est encore épargnée, alors que les traces du blanchiment sont visibles dans l’ensemble du parc marin.

« Cela montre la pression constante que subit aujourd’hui notre récif en raison du réchauffement climatique », s’est alerte Lissa Schindler de la Conservation marine australienne. « Un récif sain peut se remettre du blanchiment des coraux, mais il lui faut du temps. L’augmentation de la fréquence des vagues de chaleur marine, principalement due à la combustion du charbon et du gaz, signifie qu’il n’aura pas ce temps », poursuit-elle.

Ce phénomène de dépérissement, qui se traduit par une décoloration, est provoqué par la hausse de la température des océans, conséquence du réchauffement climatique, ce qui entraîne l’expulsion des algues symbiotiques qui donne au corail sa couleur vive.

La Grande Barrière de corail s'étend sur environ 345 000 km², le long de la côte est de l'Australie
La Grande Barrière de corail s’étend sur environ 345 000 km², le long de la côte est de l’Australie REDA&CO/Universal Images Group v – REDA&CO

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Au cours de la semaine, des températures se situant entre 0,5 et 2 degrés Celsius au-dessus de la moyenne ont été enregistrées sur l’ensemble du parc marin lors de vols de surveillance. Certaines zones de la Grande barrière de corail, particulièrement les zones côtières et l’extrême-nord, se situaient elles entre deux et quatre degrés au-dessus de la moyenne. L’autorité du site a indiqué qu’une « mortalité précoce » avait été signalée « là où le stress thermique a été le plus important ».

La Grande barrière de corail, bientôt sur la liste des sites en péril ?

Ce constat alarmant intervient au moment où l’Unesco s’apprête à procéder à une inspection du site, pour vérifier son état de santé. En fonction des résultats de la mission, qui seront présentés en juin 2022 au Comité du patrimoine mondial, la Grande barrière pourrait rejoindre la liste des sites en péril, à laquelle elle avait échappé en juillet dernier, en dépit de la recommandation de l’Unesco.

En 2015, lorsque l’ONU avait menacé de rétrograder le statut de la Grande barrière, inscrite au patrimoine mondial depuis 1981, l’Australie avait lancé un plan d’investissement de plusieurs milliards de dollars pour lutter contre la détérioration du récif. Une mobilisation loin d’être suffisante pour les défenseurs de l’environnement: en 2020, plusieurs associations avaient accusé le gouvernement du Premier ministre Scott Morrison de ne pas respecter ses obligations légales en matière de protection du récif contre le réchauffement climatique.

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