Politics

Emotion et respect pour l’hommage national à Michel Bouquet aux Invalides, à Paris


Portrait géant de l’acteur Michel Bouquet, mort le 13 avril 2022 à l’âge de 96 ans, lors de l’hommage national qui lui a été rendu le 27 avril 2022 à l’hôtel des Invalides, à Paris.

« Michel Bouquet aura brûlé les planches et crevé l’écran soixante-dix années durant » : c’est par ces mots qu’Emmanuel Macron a commencé son éloge funèbre, mercredi 27 avril, lors de l’hommage national rendu au comédien aux Invalides. « Son visage et sa voix ont été le théâtre de tous nos sentiments. En cent pièces, en cent films, il a fait le tour de l’homme », a poursuivi le président de la République devant quelque cent cinquante invités (parmi lesquels Francis Huster, Catherine Frot, Kad Merad, Julie Gayet, Nicole Calfan, Guillaume de Tonquédec, Jean-Marc Dumontet, etc.), une large partie du gouvernement et la famille de ce monstre sacré des planches, mort le 13 avril à l’âge de 96 ans.

« Michel Bouquet est entré en théâtre comme on entre en religion. Il croyait en ses personnages comme on croit en des divinités », a poursuivi M. Macron dans une cour d’honneur où deux grands portraits offraient le sourire à la fois doux et espiègle du comédien. « Par chance, l’amour dévorant de Michel Bouquet pour le théâtre ne fut pas exclusif. Les plus grands cinéastes ont à jamais fixé son génie sur la pellicule. (…) Il fut, durant ces décennies, ce soleil noir du cinéma français. Scrutant nos failles, sondant nos fureurs, démasquant nos contradictions et débusquant nos bassesses, il fouillait au fond de nos âmes pour faire tout remonter. Conscience intraitable de la France, intraitable parce que toujours vrai », a insisté le président de la République.

« Il faut servir mais ne pas se servir »

Après Charles Aznavour , en octobre 2018, et Jean-Paul Belmondo, en septembre 2021, c’est la troisième fois qu’Emmanuel Macron rend un hommage national à un artiste. Si l’on était taquin, on serait tenté de dire qu’il faut un mort pour que la culture soit mise à l’honneur après une campagne électorale où il n’en fut jamais question.

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Avant l’éloge présidentiel, trois comédiens populaires – Fabrice Lucchini, Muriel Robin, Pierre Arditi – ont salué la mémoire de ce compagnon de jeu et professeur. Tous ont rappelé le respect total que Michel Bouquet avait pour les auteurs et leurs textes : « Il faut servir mais ne pas se servir », avait coutume de dire celui qui interpréta huit cents fois Le roi se meurt, de Ionesco. « Quand tu jouais, Michel, tu imposais, et ce qui est très rare, quelque chose qui est de l’ordre de l’incontestable (…), personne ne pouvait te remplacer », a souligné Fabrice Luchini. Le tutoyant aussi, Pierre Arditi, qui partagea plusieurs fois la scène avec lui, a terminé son discours en affirmant : « Michel, tu es le théâtre et le théâtre ne meurt jamais. »

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