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«Diamants de sang»: les grands bijoutiers boycottent la Russie


Fini le diamant russe, du moins tant que la guerre fait rage en Ukraine. Après une enquête sur la manière dont le monopole du diamant contrôlé par l’État russe pouvait financer cette invasion, les marques les plus influentes de bijoux ont déclaré qu’elles cesseraient d’acheter des diamants russes.

Mi-mars, Le Guardian s’est penché sur la façon dont le commerce issu des mines de diamants en partie détenues par l’État russe pourrait remplir les coffres du Kremlin et financer l’invasion russe de l’Ukraine. Grâce à ses recherches, le média avait également découvert que les bijoutiers pouvaient facilement –et légalement– contourner les sanctions occidentales en achetant des pierres russes transformées en Inde.

Dans les jours qui ont suivi cette parution, plusieurs grands détaillants ont déclaré qu’ils n’achèteraient plus de diamants d’origine russe. Parmi eux, la marque américaine Tiffany & Co, l’horloger suisse Chopard, Pandora ou encore Signet, le plus grand détaillant de bijoux en diamant.

La Russie produit environ 30% des diamants dans le monde –ce qui la place en tête du classement mondial–, dont 98% sont extraits puis vendus par le monopole minier Alrosa. Ce dernier est en partie lié aux activités du Kremlin, puisqu’un tiers de l’entreprise est détenu par le gouvernement central et un autre tiers par les gouvernements régionaux. Ses ventes cumulaient environ 4,16 milliards de dollars (3,7 milliards d’euros) en 2021, pour un bénéfice net de 91 milliards de roubles (près d’un milliard d’euros).

Les États-Unis et le Royaume-Uni ont introduit des sanctions interdisant aux entreprises de faire des affaires directes avec Alrosa. Cependant, le flux de l’est vers l’ouest ne sera pas stoppé pour autant, parce que la majorité des pierres précieuses sont exportées en Inde pour être taillées et polies. D’après les règles des douanes américaines, il s’agit d’une transformation significative, si bien que le produit n’est plus considéré comme russe mais indien.

RJC coupable?

Le Responsible Jewellery Council (RJC), l’un des principaux organismes de surveillance de la joaillerie, s’attèle à réglementer le secteur, améliorer sa réputation, promouvoir l’approvisionnement responsable et éliminer les «diamants de conflits», parfois aussi appelés «diamants de sang». Sur ce dernier point, l’organisme a été accusé de fermer les yeux, bien qu’il ait émis des directives selon lesquelles les entreprises devraient se conformer aux sanctions en cas d’achat de diamants russes.

Depuis, le conseil fait face à une vague de départs. Parmi eux figurent la marque Pandora, Richemont (Cartier), et Kering (Gucci, Saint Laurent). «Richemont et ses maisons ne souhaitent pas être membres d’une organisation qui contribue au financement des conflits et des guerres», indique le propriétaire de Cartier dans un communiqué de presse.

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Le directeur général de Pandora, société membre du RJC depuis douze ans, déclare: «La guerre exige que toutes les entreprises agissent avec la plus grande responsabilité concernant toute interaction ou transaction commerciale avec la Russie et la Biélorussie. Pandora ne peut pas rester membre d’une association qui ne partage pas nos valeurs.»



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