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Dans le Donbass, le bataillon Karpatska Sich face aux Russes sur le front nord-ouest


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Dans l’Est du Donbass, l’armée ukrainienne est à la peine face à l’armée russe qui jette toutes ses forces contre les villes de Sievierodonetsk et Lyssytchansk, et gagne peu à peu du terrain. Sur le front Nord-Ouest, les troupes ukrainiennes parviennent au contraire à empêcher l’avancée russe. Nos envoyés spéciaux sont sur le front avec le bataillon Karpatska Sich, un des nombreux bataillons nationalistes créés en 2014 au moment de la révolution de Maidan. Fort de plus de 600 hommes, il est composé de volontaires intégrés à l’armée ukrainienne.

Avec nos envoyés spéciaux dans le Donbass, Sébastien Nemeth et Jad El Khoury

On est actuellement au sud d’Izioum, ville désormais contrôlée par les Russes, sur un front à la fois stable mais intense. Le bataillon Karpatska Sitch et les autres ont réussi à stopper l’avancée ennemie dans cette zone de plaines, collines et champs. Cette force possède une base à l’arrière où les hommes viennent se reposer toutes les deux semaines, avant de retourner au front. 

Pour rejoindre les positions du bataillon, il faut faire 25km de route avec un niveau de danger maximal. Les Russes bombardent constamment, et utilisent notamment leurs drones pour repérer les véhicules en mouvement. Il a fallu plusieurs fois s’arrêter et cacher la voiture dans une zone boisée pour éviter d’être repérés ou parce que les Russes bombardaient les positions du bataillon. 

Les soldats ukrainiens sont éparpillés dans la région, notamment avec des tanks T72 positionnés discrètement en divers endroits stratégiques. Les Russes sont tout près, à environ 2km au Nord. Et sans arrêt, ils pilonnent les Ukrainiens.

Mais pour ce commandant de peloton, pas question d’abandonner malgré la puissance adverse. Il compare le conflit actuel à une guerre d’indépendance. « Ils utilisent l’artillerie contre nous, des tanks, des mortiers, tous types de roquettes, bref tout ce qu’ils peuvent. Mais nous sommes sur nos terres. Nous sommes tous motivés pour protéger nos familles et notre pays. En 1991, notre territoire s’est simplement séparé de l’URSS. Mais là on est dans un vrai combat pour la liberté, pour devenir une nation, un pays, une terre libres. »

 

Sur le front avec le bataillon Karpatska Sich, le 1er juin 2022.
Sur le front avec le bataillon Karpatska Sich, le 1er juin 2022. © Sébastien Németh/RFI

 

Le Karpatska Sich est composé essentiellement de volontaires, qui ont pris notamment les armes en 2014 

Ils ont pris les armes lorsque le conflit dans le Donbass a commencé. Depuis février et le début de l’offensive russe, ces hommes ont reçu de l’armement venant des Occidentaux, mais également le renfort de combattants étrangers.

Nous avons pu parler à des volontaires venus d’Amérique du Sud, Pérou, Brésil ou encore Colombie. Tous disent avoir été choqués par l’attaque russe, le déploiement de force contre l’Ukraine, les victimes civiles, les exactions. « J’ai combattu les FARC, mais je n’ai jamais vu un tel niveau de puissance avec de l’artillerie aussi lourde. Ma famille dit que je suis fou de venir ici, pensant que ce n’est pas ma guerre », nous a confié un combattant colombien, ajoutant qu’un conflit où de telles atrocités sont commises, devrait être l’affaire de tout le monde.

Avec le bataillon Karpatska Sich dans le Donbass, le 1er juin 2022.
Avec le bataillon Karpatska Sich dans le Donbass, le 1er juin 2022. © Sébastien Németh/RFI

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