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Comment interpréter correctement les images satellites de la guerre en Ukraine


Des images satellites, et plus particulièrement des VHR (des images de très haute résolution), sont diffusées partout dans le monde depuis le début de la guerre en Ukraine. Elles permettent de donner une idée de la brutalité des combats en montrant des bâtiments détruits ou encore des fosses communes, mais ce ne sont pas les seules informations que convoient ces technologies. C’est la raison pour laquelle Fast Company s’est intéressé à la manière dont on peut les exploiter au mieux.

D’abord, les images satellites permettent de cartographier assez précisément les dégâts causés sur un territoire, d’autant plus quand ils sont éparpillés sur une région aussi grande que l’Ukraine. Elles permettent aussi de recueillir des données invisibles à l’œil nu tel que les rayons infrarouges et ainsi de repérer des dommages créés par certains types de matériaux, ou qui se sont produits dans des paysages complexes à analyser, comme les villes.

Si la précision de ces images est donc d’une grande richesse, il est aussi intéressant d’exploiter la fréquence à laquelle ces dernières sont émises. Certains satellites comme le WorldView 3 en capturent tous les jours ou deux jours, quand la météo le permet: l’invasion peut donc être suivie à distance et presque en direct.

Les angles morts des satellites

Certains détails trop subtils et certains changements trop éphémères passent cependant sous les radars, à cause du «seuil de détectabilité» des satellites. À titre d’exemple, les dommages doivent faire un peu moins de cinq mètres pour les images VHR. Si un pâté de maison est partiellement détruit, il doit apparaitre suffisamment contrasté avec le pâté avoisinant ou avec les images précédentes pour être repéré. L’absence de traces de destruction dans une image n’indique donc pas leur inexistence. De plus, les images satellites étant prises depuis au-dessus, des dommages causés des façades ou à des fondations peuvent aussi passer inaperçus.

D’autre part, les images satellites utilisées dans les médias se concentrent presque uniquement sur les villes, puisque 70% de la population ukrainienne y habitait avant l’invasion et que les combats y sont principalement regroupés. Cependant, c’est un choix qui se fait au détriment de l’imagerie d’autres parties du pays, comme l’attention portée à la destruction des terres cultivables par exemple, ou de la pollution de l’eau.

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Ainsi, pour être vraiment pertinentes, ces photographies doivent être regardées de manière chronologique. Or, c’est assez rare: l’utilisation qui en est faite tend plutôt à montrer l’importance de dégâts à un moment précis du conflit. De nombreux détails manquent alors sur le contexte, détails qui pourraient être donnés par un journaliste ou photographe reporter de guerre qui se rendrait directement sur le terrain. Jamon Van Den Hoek, professeur de géographie à l’Université de l’Oregon, conseille donc une approche multi-temporelle, telle que celle utilisée dans la surveillance de la déforestation ou des changements hydrologiques, pour exploiter au mieux ces images satellites.



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