Politics

Cœurs synchrones, scorpions constipés et « pros » du commérage au menu des Nobel de l’improbable


La statuette du prix lg Nobel, en octobre 2007.

Avec un peu plus de deux semaines d’avance sur les prix Nobel qui, accompagnés de la componction indispensable aux choses graves, ponctueront les premiers jours d’octobre, s’est tenu, jeudi 15 septembre, leur préambule loufoque mais non moins scientifique : la cérémonie des Ig Nobel. Pour les – presque – impardonnables qui ne connaîtraient pas encore cet événement interplanétaire, dont c’était cette année la 32e édition, rappelons que les prix Ig Nobel (jeu de mots vaseux avec l’adjectif « ignoble ») récompensent les chercheurs de la science dite « improbable », celle qui pose des questions saugrenues sur des sujets sérieux – et vice versa. Pour reprendre la sympathique définition qui a fini par s’imposer, il s’agit d’études et d’expériences qui font d’abord rire puis réfléchir.

On rigole donc beaucoup à cette cérémonie, mais pas avec la vie des spectateurs. Pandémie oblige, pour la troisième année consécutive la remise des prix n’a pas eu lieu au théâtre Sanders de l’université Harvard (Cambridge, Massachusetts) où d’ordinaire le public potache envoie des avions en papier sur la scène et où une fillette de 8 ans, impertinente en diable, enjoint aux lauréats de se taire lorsque leur discours de remerciement s’éternise. Signe des temps viraux et numériques, c’est donc en ligne qu’a été célébré l’improbable sous la houlette de son seigneur, l’Américain Marc Abrahams, et avec la « présence » de véritables Prix Nobel qui ont virtuellement transmis les récompenses aux lauréats.

Lire aussi Article réservé à nos abonnés Marc Abrahams, pape de la science improbable

La tradition veut que plusieurs travaux concernant le corps humain soient couronnés et le cru 2022 ne fait pas exception. Ainsi, dans la catégorie « Cardiologie », a été distinguée une étude montrant que, dans des sessions de rencontres à l’aveugle, l’attraction des participants l’un pour l’autre se trahissait par la synchronisation de leur rythme cardiaque (et aussi par celle de l’activité électrique enregistrée sur leur peau). Ce qui prouve que symboliser l’amour avec un cœur n’est pas si gnangnan que cela.

Un Ig Nobel de la paix

L’Ig Nobel de médecine est quant à lui allé à une équipe de l’université de Varsovie ayant mis en lumière que la cryothérapie susceptible de calmer une inflammation de la bouche consécutive à une chimiothérapie agressive obtenait de meilleurs résultats quand l’agent froid était constitué de… crème glacée. Des chercheurs japonais ont pour leur part été récompensés dans le secteur de l’ingénierie après s’être intéressés à la meilleure manière d’utiliser les doigts pour tourner un bouton…

Il vous reste 32.71% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Source link

Leave a Reply

Your email address will not be published.