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Bernard Cazeneuve dénonce « l’absurdité » du débat engagé à gauche


Bernard Cazeneuve, le 30 août 2022.

L’ancien premier ministre socialiste Bernard Cazeneuve a dénoncé vendredi 16 septembre l’« absurdité du débat qui s’est engagé à gauche », où le communiste Fabien Roussel a été taxé d’« homme de droite » parce qu’« il pose la question de la valeur travail ».

Rappelant que François Mitterrand expliquait en 1981 « combien il était important que nous luttions pour que les Français retrouvent leur emploi » et combien il était important pour ceux qui en bénéficiaient que « le travail ne soit pas une aliénation », M. Cazeneuve a critiqué sur France 2 « l’état de déraison, l’absurdité des débats tels qu’ils se sont engagés à gauche » :

« Qualifier Fabien Roussel [secrétaire national du PCF] d’homme de droite au motif qu’il pose la question de la valeur travail et dit à quel point l’histoire de la gauche est liée au combat pour le travail, pour la libération de ceux qui travaillent d’une certaine forme d’asservissement et pour l’accès à la dignité par le travail montre bien que nous sommes dans une situation d’absurdité absolue [à gauche]. »

Le patron du Parti communiste français (PCF) et ancien candidat à la présidentielle, Fabien Roussel, avait déclaré vendredi à la Fête de L’Humanité que « la gauche doit défendre le travail et ne pas être la gauche des allocations et minimas sociaux », déclenchant une pluie de critiques au sein de la Nupes, dont la députée EELV Sandrine Rousseau, pour qui la « valeur travail » est « quand même une valeur de droite ».

« Partage du temps de travail, diminution du temps de travail, semaine de quatre jours, ça, j’aurais suivi, mais mettre le travail comme unique valeur de la gauche, ça n’est pas possible et particulièrement pour un communiste », a notamment critiqué sur Franceinfo l’écoféministe.

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Manifeste pour « une autre gauche »

Pour M. Cazeneuve, l’union de la gauche doit se faire autour d’« un minimum d’attachement à l’Europe, à la République, à la transition écologique, à la solidarité ». « Je ne confonds pas, pour ma part, la gauche et l’extrémisme », a ajouté l’ancien premier ministre de François Hollande, revenant sur son manifeste pour « une autre gauche » publié le 4 septembre.

Assurant avoir réuni aujourd’hui 4 000 signatures pour ce texte très critique à l’égard de la Nupes, coalition, entre autres, du PS – qu’il a quitté – et de La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, M. Cazeneuve a annoncé la « structuration de cette initiative » en un « mouvement de réflexion ».

Il s’agira, a-t-il développé, « sans étiquette partisane », de « pousser les dirigeants actuels, notamment de la gauche, à changer d’orientation, parce que l’orientation dans laquelle ils se sont engagés favorisera progressivement – et à mesure que les excès, les outrances se développeront – l’extrême droite ».

Parmi les 400 premiers signataires du texte se trouvent notamment le maire du Mans, Stéphane Le Foll, l’ancien premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis et la présidente de la région Occitanie, Carole Delga.

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Le Monde avec AFP



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