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Au Sri Lanka, situation explosive entre forces de sécurité et manifestants



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Le ministère de la Défense a ordonné ce mardi 10 mai à ses troupes de tirer à vue sur les personnes impliquées dans des pillages. De leur côté, les manifestants dénoncent des violences orchestrées et réclament toujours le départ du président Gotabaya Rajapaksa, plus détesté que jamais.

Lundi 9 mai a été la pire journée de violences depuis le début de la crise politique qui ébranle le Sri Lanka. Selon la police, huit personnes, dont deux policiers, ont été tuées et 65 bâtiments d’habitation ont été endommagés ou brûlés. Selon le principal hôpital de la capitale, 219 personnes ont été blessées.

« Des partisans du président Gotabaya Rajapaksa ont été envoyés pour affronter les citoyens rassemblés pacifiquement devant le palais présidentiel », témoigne pour RFIMalith Gayan, qui participe aux manifestations depuis plusieurs semaines. « La police a laissé faire ces attaques et c’est pour cela que certains ont laissé exploser leur colère et que la situation a dégénéré. »

 

 

Ordre de tirer à vue 

Ce mardi, le gouvernement sri-lankais a déployé des dizaines de milliers de militaires – armée de terre, marine et aviation – pour patrouiller dans les rues. « Les forces de sécurité ont reçu l’ordre de tirer à vue sur quiconque pillera des biens publics ou attentera à la vie » d’autrui, a déclaré le ministère de la Défense. 

En plus de l’état d’urgence décidé vendredi, qui donne des pouvoirs élargis aux militaires pour arrêter des suspects, le gouvernement a également décrété un couvre-feu de deux jours, après les affrontements de lundi. Malgré ces annonces, le chef de la police de Colombo a été agressé et son véhicule incendié par une foule furieuse lui reprochant de n’avoir pas protégé les manifestants pacifiques lundi.

Frère du président, le Premier ministre Mahinda Rajapaksa a démissionné ce lundi. Des militaires l’ont transporté par hélicoptère jusqu’à la base navale de Trinquemalay, dans le nord-est du pays. Il serait désormais en fuite. « Je pense que la population voudrait le retenir dans le pays, mais ils n’ont aucun moyen de l’empêcher de partir et d’affronter les militaires dans cette zone très défendue », explique le militant Prasad Welikumbura au micro de Jelena Tomic, journaliste au service international de RFI. « La grande majorité des militaires sont du côté de la population, mais pas les officiers de haut rang qui soutiennent la famille Rajapaksa. »

L’Union européenne a exhorté toutes les parties à s’abstenir de recourir à la violence. Mais la situation reste extrêmement tendue sur le terrain. « Heureusement les forces de sécurité n’ont pas encore fait usage des armes », raconte Malith Gayan, à Colombo. « Des tentes ont été brûlées par les partisans de Rajapaksa, mais le rassemblement devant le palais présidentiel continue. »

Une situation explosive

L’opposition appel au calme, mais continue de refuser la proposition de gouvernement d’union nationale de Gotabaya Rajapaksa. « J’exhorte tous les manifestants à rester pacifiques et à ne pas exercer de représailles contre les émeutiers qui veulent rendre les manifestations violentes pour les décrédibiliser », a tweeté Eran Wickramaratne, ancien ministre des Finances. « Nous devons nous efforcer d’arriver ensemble à des solutions démocratiques. »

 

 

Les manifestants réclament plus que jamais le départ du président Gotabaya Rajapaksa, tenu pour responsable de la pire crise du pays depuis son indépendance et désormais des violences qui ont embrasé l’île de l’océan Indien. « Il n’a aucune intention de démissionner, car en quittant le pouvoir, il n’est plus protégé », juge Prasad Welikumbura, qui s’inquiète de la suite. « Les gens étaient déjà en colère à cause de la situation économique, maintenant la situation peut dégénérer à tout instant. »

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(Et avec AFP)





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