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Au Royaume-Uni, un moment de communion nationale pour le jubilé de platine de la reine


La reine Elizabeth II, aux côtés du prince Charles et de son épouse Camilla, au balcon du palais de Buckingham, à Londres, le 2 juin 2022.

Il est 7 heures du matin, ce jeudi 2 juin. Le Mall, l’allée donnant sur le palais de Buckingham, haut lieu des célébrations monarchiques britanniques, est déjà bien rempli. Des centaines de fans de la Couronne ont déroulé les Union Jack, déplié les sièges de camping et sorti les chips, pour être aux premières loges du Trooping the Colour, la traditionnelle parade militaire marquant l’anniversaire officiel de la reine, qui inaugure, cette année, le jubilé de platine, les célébrations des soixante-dix ans du règne de la reine Elizabeth II, prévues jusqu’au 5 juin. C’est la première fois qu’un monarque britannique atteint une telle longévité sur le trône.

Louise, Wendy et John sont arrivés la veille des Midlands et se sont installés au plus près du palais de Buckingham. En se penchant beaucoup, on entrevoit le fameux balcon, où la reine, 96 ans, est censée faire une apparition en fin de cérémonie. « On est de tous les Trooping the Colour, mais celui-ci est très spécial, c’est l’occasion d’une vie », explique Wendy, coiffée d’un haut-de-forme Union Jack. Son compère, John, est également un inconditionnel des Windsor : « J’ai même assisté au mariage de Diana et Charles, en 1981, à la cathédrale Saint-Paul. J’ai tout vu, j’avais une place imprenable. »

A 96 ans, la reine a des « problèmes de mobilité », explique Buckingham. Elle ne se déplace plus sans sa canne et ses apparitions publiques sont de plus en plus rares depuis le décès de son mari, le prince Philip, en avril 2021. Elle a dû déléguer au prince Charles, son fils aîné et futur roi, le soin de prononcer le Queen Speech, le 10 mai, un discours lançant la session parlementaire à Westminster, considéré comme une de ses principales prérogatives constitutionnelles. Et, vendredi 3 juin, elle ne devrait pas assister au service spécial jubilé célébré en la cathédrale Saint-Paul. Couronnée le 6 février 1952, le jour de la mort de son père, le roi George VI, la reine continue, cependant, à assurer les audiences hebdomadaires avec le premier ministre (souvent par téléphone) et à lire les « papiers d’Etat », documents officiels transmis quotidiennement par le cabinet du premier ministre et le Foreign Office.

Voir la reine « une dernière fois »

Mais sur le Mall, le sentiment que la deuxième ère élisabéthaine touche à sa fin (la première a duré de 1558 à 1603) est perceptible. Tout comme les marques de respect à la souveraine, quasi générales. « Il y a eu de nombreux scandales dans la famille royale, mais la reine n’a jamais fait un seul faux pas. Elle est une figure qui incarne la continuité et l’unité de notre pays. On ne la verra plus très longtemps », regrette déjà Sarah James, une jeune femme venue elle aussi des Midlands avec son mari et leurs deux petites filles, habillées de robes aux couleurs du drapeau national. De nombreuses familles sont présentes, beaucoup d’enfants patientent au soleil, dans l’espoir de voir passer la famille royale.

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