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Au procès du MH17, le procureur requiert la perpétuité contre les quatre accusés


Les procureurs Ward Ferdinandusse (à gauche) et Thijs Berger (à droite), au tribunal de  Schiphol, près d’Amsterdam, aux Pays-Bas, le 20 décembre 2021.

En prononçant son réquisitoire, jeudi 22 décembre, le procureur explique qu’il ne reviendra pas sur les détails terrifiants du rapatriement des corps disloqués des 298 passagers du vol MH17 abattu au-dessus de l’Ukraine le 17 juillet 2014. « Comment peut-on dire à un garçon de 15 ans que sa mère ne reviendra jamais ? », interroge, néanmoins, Thijs Berger. « Les conséquences de ce crime sont énormes », poursuit le procureur aux juges du tribunal de Schiphol, qui siège près de l’aéroport d’Amsterdam où, ce jour de l’été 2014, décollait le vol Amsterdam-Kuala Lumpur de la Malaysia Airlines. Le procureur a longuement détaillé les répercussions tragiques du crime dont sont accusés les Russes Sergueï Doubinski, Igor Guirkine et Oleg Poulatov, ainsi que l’Ukrainien Leonid Khartchenko.

Sur les proches des 298 victimes, d’abord, dont « la vie ne sera plus jamais comme avant ». Sur les habitants de Pervomaïski et des environs, qui ont vu les corps tomber dans le ciel du Donbass, cette région de l’est de l’Ukraine sous le feu des combats opposant, depuis avril 2014, séparatistes prorusses et forces ukrainiennes. Enfin, sur les relations internationales et les tensions entre Occidentaux et Russes, ravivées par le drame.

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Sans grande surprise, le ministère public a requis la perpétuité contre les quatre hommes, jugés par contumace depuis mars 2020. « Même s’ils n’ont pas eux-mêmes appuyé sur le bouton, ils sont responsables de la chute du MH17 », a déclaré le procureur Thijs Berger. Même si les accusés ne ciblaient pas un avion commercial et ses 298 passagers. Même s’il s’agit d’« une négligence ». C’est bien la thèse de « l’erreur » qu’a retenue le ministère public, au terme de sept années d’investigations conduites par les enquêteurs de cinq des nations endeuillées par le drame (Malaisie, Ukraine, Pays-Bas, Belgique et Australie).

Frapper plus fort et plus haut

Ce 17 juillet 2014, Sergueï Doubinski, Igor Guirkine, Oleg Poulatov et Leonid Khartchenko n’avaient pas l’intention d’abattre le vol 17 de la Malaysia Airlines – « le Chinois », comme ils le désigneront dans leurs communications téléphoniques interceptées – ni de tuer les 298 civils à son bord. Mais « ensemble, ils ont demandé le BUK [le système de missile sol-air, l’arme du crime] à la fédération de Russie et l’ont déployé dans le but d’abattre un avion ». Ils l’ont utilisé pour « servir leurs propres intérêts militaires ». Légalement, « une erreur de cible ne fait pas la différence, assène le procureur. Peu importe que les accusés aient eu l’intention d’abattre un avion militaire ou civil, ils sont pénalement responsables. »

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