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À Madagascar, une exposition pour raconter les premières exploitations aurifères de l’île



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À Madagascar, pas une journée ou presque sans que les médias nationaux relatent des faits de trafic d’or. Un métal précieux qui a la cote et qui jouit, depuis ce mercredi 30 mars, d’une exposition à son nom. Intitulée « Or, Volamena, Gold », cette nouvelle exposition présentée par le Musée de la Photographie de Madagascar propose au public un voyage à travers les siècles.

Avec notre correspondante à Antananarivo, Sarah Tétaud

Le premier écrit retrouvé au sujet de l’exploitation de l’or sur l’île de Madagascar date de 1545. Cependant, il faudra attendre trois siècles et demi avant que le métal ne puisse officiellement être extrait des sous-sols. Au Royaume de Madagascar, l’or a une valeur sacrée : quiconque est surpris en train d’en chercher est sévèrement puni.

Parmi les invités au vernissage, Rado Andria, rédige son mémoire sur l’impact de l’exploitation artisanale de l’or sur le développement local. « La toute première concession, le tout premier droit d’exploitation officiel, a été attribué par le royaume malgache le 2 décembre 1886 à Léon Suberbie, un homme d’affaires français, en contrepartie des 10 millions de francs (une somme astronomique pour l’époque, NDLR) de dommages de guerre réclamés par la France lors de la guerre franco-merina 1883-1885 », commente l’étudiant en histoire. « C’est lui qui a commencé à exploiter l’or dans une ville du nord-ouest de Madagascar, dans le district de Maevatanana, à Suberbieville (devenue aujourd’hui une ville fantôme). » 

Depuis cette date, l’or n’a cessé d’être extrait. De manière artisanale, beaucoup, puis de manière plus intensive et mécanisée, afin de satisfaire les rêves vertigineux des gros exploitants, rappelle le co-fondateur du musée Cédric Donck.

« Ce n’est qu’à la fin du XIXe siècle et au début du XXe que l’or a vraiment pris sa dimension plus économique et où l’exploitation s’est industrialisée. Donc, l’exploitation de l’or à Madagascar est une très vieille tradition. Plus de 500 ans. Et reste particulièrement d’actualité jusqu’à aujourd’hui. »

Et pour cause, les trafics aussi juteux qu’illégaux du métal n’ont jamais été aussi importants qu’aujourd’hui. Les autorités parlent de près de 7 tonnes d’or qui sortiraient chaque année du pays sous le manteau, malgré la suspension des exportations depuis 2020.

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